La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé qu'un accès non autorisé à son système d'information avait eu lieu à la fin juin 2026 et qu'il avait donné lieu à une extraction de données revendiquée publiquement début août. L'incident, rendu public après une revendication sur un forum de cybercriminalité le 12 août, concerne selon des sources spécialisées plusieurs centaines de milliers d'enregistrements.
Ce que la DGFiP a annoncé
Dans un communiqué, l'administration indique avoir détecté une usurpation d'identité à l'origine de cet accès illégitime et précise qu'il a été interrompu à la fin du mois de juin lors d'un contrôle. Malgré cette coupure, des consultations et extractions de données ont pu avoir lieu, ajoute la DGFiP, qui a immédiatement renforcé les restrictions d'accès et lancé des investigations approfondies pour identifier précisément les éléments et les personnes affectées.
« Les premières investigations confirment que cet accès [...] a permis la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels. » — DGFiP
Étendue et nature des données publiées
Le site French Breaches, spécialisé dans le recensement de compromissions, attribue à l'incident la publication de 678 437 lignes de données. Selon ce recensement, la fuite se décompose comme suit :
| Catégorie | Nombre de lignes |
|---|---|
| Particuliers | 392 867 |
| Professionnels | 285 570 |
Les informations rendues publiques comprendraient des éléments à caractère particulièrement sensible : identifiants fiscaux, noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses postales, situation familiale, nombre de personnes à charge, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source, numéros de téléphone, adresses e-mail, ainsi que l'historique de certaines demandes adressées à l'administration fiscale.
Modes d'accès et revendication
D'après French Breaches, l'auteur de la publication, identifié par le pseudonyme ZeroBytes, prétend avoir compromis des serveurs internes et obtenu un accès VPN permettant d'utiliser un outil de recherche interne sur les dossiers de contribuables et de professionnels. L'attaque a été revendiquée publiquement le 12 août, ce qui a déclenché une réponse immédiate de la DGFiP.
Conséquences et mesures prises
L'administration fiscale affirme avoir mis en place des mesures complémentaires pour bloquer toute nouvelle intrusion et limiter la diffusion des données. Les investigations se poursuivent pour cerner l'ampleur exacte du préjudice et déterminer les causes précises de la vulnérabilité exploitée. Les personnes et entreprises concernées n'ont pas encore été officiellement contactées dans tous les cas : l'ampleur du fichier publié implique un recoupement long et technique avant notification ciblée.
- Qui est concerné : des particuliers et des professionnels dont des données figureraient parmi les 678 437 lignes publiées.
- Qui n'est pas encore connu : la liste définitive des personnes impactées et l'étendue détaillée des données pour chaque ligne.
- Suite procédurale : investigations internes, renforcement des accès, et possible information des autorités compétentes en matière de protection des données.
Cette fuite intervient dans un contexte estival marqué par plusieurs compromissions de bases d'instances publiques. Au-delà du préjudice direct pour les personnes concernées, l'incident pose des questions sur la protection des données fiscales et la résilience des outils d'accès administratif. Les prochaines communications de la DGFiP, attendues dans les jours qui viennent, devraient préciser les modalités de notification et les recommandations à destination des usagers susceptibles d'être affectés.
Julien Castel
Journaliste Impôts & fiscalité, Renseignement Économique