Une offre française pour alimenter la prochaine génération de centres de calcul
Haffner Energy, PME cotée sur Euronext Growth et basée à Vitry‑le‑François, a dévoilé le 28 août une solution destinée à fournir de l’électricité « décarbonée et produite localement » aux data centers d’intelligence artificielle. L’annonce intervient alors que l’Europe évalue les candidatures pour les « gigafabriques d’IA » et souligne un enjeu souvent négligé : la disponibilité massive d’énergie pour des infrastructures extrêmement consommatrices.
Le procédé : gazéification de biomasse adaptée au direct power
La nouvelle architecture, baptisée C‑iB, reprend et adapte la technologie Hynoca, jusque‑ici développée par Haffner pour produire de l’hydrogène vert. Ici, la gazéification de biomasse est employée pour une production électrique décentralisée à partir de résidus agricoles et forestiers, avec un rendement électrique global revendiqué de 55 %. Le système permet aussi de récupérer la chaleur fatale pour produire du froid, réduisant ainsi le coût lié au refroidissement — poste de dépense majeur pour les salles serveurs.
Disponibilité et économie : viser l'exigence des opérateurs
Haffner annonce une disponibilité supérieure à 99,995 %, un niveau qui se compare à celui attendu pour des générateurs de secours traditionnels. Le recours aux énergies fossiles est traité comme appoint : le gaz naturel interviendrait à hauteur de moins de 0,1 % de l’énergie primaire consommée, selon l’entreprise.
- Production décentralisée à partir de biomasse résiduelle
- Rendement électrique revendiqué : 55 %
- Disponibilité annoncée : > 99,995 %
- Gaz naturel en appoint : < 0,1 % de l’énergie primaire
| Paramètre | Valeur annoncée |
|---|---|
| Rendement électrique | 55 % |
| Disponibilité | > 99,995 % |
| Part du gaz en appoint | < 0,1 % |
| Chiffre d’affaires potentiel par module | ~ 6 millions d’euros |
Un modèle modulaire et des enjeux de déploiement
Chaque installation peut mobiliser plusieurs dizaines de mégawatts et repose sur un assemblage de modules. Haffner indique qu’un projet type mobilise « plus d’une dizaine de modules », chaque module représentant environ 6 millions d’euros de chiffre d’affaires potentiel. Ce positionnement commercial marque un pivot : la PME diversifie l’usage de sa technologie Hynoca, passant de l’hydrogène vers la fourniture directe d’électricité pour répondre à la demande spécifique des opérateurs de centres de calcul.
Ce que cela signifie pour le secteur, les salariés et les clients
Pour les opérateurs de data centers, l’offre promet une source d’énergie localisée et résiliente, adaptée aux besoins de densité et de disponibilité des installations d’IA. Pour la filière énergétique française, il s’agit d’un exemple d’intégration d’innovations industrielles dans la chaîne de valeur des infrastructures numériques, avec un fort angle sur la décarbonation. Pour les salariés, le déploiement de ces unités modulaire pourrait créer des emplois industriels locaux autour de la construction, de l’exploitation et de la logistique de biomasse — sans que l’entreprise n’ait communiqué de projections d’emploi chiffrées à ce stade.
Reste la question des approvisionnements en biomasse et de leur durabilité à grande échelle : la faisabilité d’une alimentation locale et pérenne en résidus agricoles et forestiers devra être démontrée au moment des projets, tout comme la comparaison économique avec d’autres solutions décarbonées (réseaux électriques renouvelables, hydrogène, etc.).