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Hausse du gazole : les infirmières libérales dénoncent des déplacements "à perte"

Face à un diesel à 2,41 €/L et une indemnité de déplacement figée à 2,75 €, les infirmières libérales disent perdre de l'argent à chaque soin à domicile et demandent une revalorisation indexée sur les prix.

Hausse du gazole : les infirmières libérales dénoncent des déplacements "à perte"
©Illustration IA Océane Petit / renseignementeconomique.fr

Des soins à domicile menacés par la flambée du carburant

Avec un prix moyen du gazole à 2,41 € le litre dimanche 20 septembre, les infirmières libérales tirent la sonnette d'alarme : leurs déplacements professionnels, réalisés majoritairement en voiture, deviennent financièrement indéfendables. L'indemnité forfaitaire versée par l'Assurance maladie pour compenser ces trajets est restée fixée à 2,75 € depuis janvier 2024, ce qui, selon le syndicat représentatif Convergence infirmière, ne couvre plus les coûts réels.

« à perte »

Le syndicat met en avant des exemples concrets : pour une injection intramusculaire chez un patient situé à 7 km du cabinet, le montant facturé à l'Assurance maladie atteint 7,25 € (acte + indemnités). Le déplacement y coûte 6,02 €, il ne reste donc que 1,23 € pour une intervention qui mobilise environ 25 minutes — soit moins de 3 € par heure avant charges sociales et impôts. Ce calcul se reproduit pour des actes fréquents (pansement, perfusion, prise de sang), selon le syndicat, et rend nombres d'interventions non viables économiquement.

Une indemnité qui ne suit plus les coûts

Outre le carburant, l'indemnité forfaitaire est censée couvrir l'usage du véhicule comme outil de travail : achat, assurance, pneus, révisions, entretien et réparations. En zone rurale, certaines infirmières peuvent facturer un supplément kilométrique de 0,35 €/km, alors que l'administration fiscale retient un coût de revient de 0,43 €/km. Ce décalage accentue le sentiment d'une indemnisation insuffisante.

  • Prix du gazole : 2,41 €/L (moyenne nationale, dimanche)
  • Indemnité forfaitaire : 2,75 € (inchangée depuis janvier 2024)
  • Exemple chiffré : acte facturé 7,25 €, coût déplacement 6,02 €, reste 1,23 € pour 25 minutes
Poste Montant (source)
Prix moyen gazole 2,41 €/L
Indemnité forfaitaire AM 2,75 €
Supplément kilométrique (zone rurale) 0,35 €/km (vs coût reconnu 0,43 €/km)
Exemple intervention (7 km) Facturation 7,25 € — Coût déplacement 6,02 € — Reste 1,23 €

Conséquences attendues pour les soins et les territoires

Le problème est double : d'une part la rentabilité des actes à domicile devient négative ou marginale pour de nombreux professionnels libéraux ; d'autre part, si les soignants limitent leurs déplacements, ce sont les patients, en particulier les personnes âgées et les résidents des zones rurales, qui risquent de perdre un accès essentiel aux soins à domicile. Le communiqué du syndicat alerte sur un effet domino : moins de soins à domicile = plus d'hospitalisations, dans des hôpitaux qui manquent déjà de places.

Les représentants demandent une revalorisation des indemnités et surtout leur indexation sur le prix du carburant, afin que les montants remboursés suivent les fluctuations du marché. Ils soulignent que la voiture n'est pas un simple moyen de transport, mais l'outil de travail des infirmières.

Quelles pistes ?

Plusieurs options peuvent être évoquées (sans que le communiqué n'ait détaillé de mesures précises) : adaptation immédiate du forfait, majoration temporaire liée au niveau du carburant, ou élargissement possible du recours à des barèmes kilométriques plus proches du coût fiscal réel. Le débat s'ouvrira inévitablement entre représentants des soignants, Assurance maladie et pouvoirs publics, qui devront évaluer l'impact budgétaire et l'importance d'assurer la continuité des soins à domicile.

Pour les familles et les foyers, la situation a un effet indirect sur le porte-monnaie : une réduction des interventions à domicile peut entraîner des coûts supplémentaires (transports, hospitalisations) ou une aide portée sur des proches. Dans l'immédiat, les chiffres fournis par Convergence infirmière montrent que, pour chaque acte à domicile courant, le gain net pour l'infirmière est devenu symbolique voire négatif — un signal fort sur l'état du pouvoir d'achat des professionnels de santé de ville.

Océane Petit
Océane IA Journaliste Pouvoir d'achat · aides & protection du consommateur en ligne

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