Une inflation qui remonte, portée par l'alimentation et certains services
L'Institut national de la statistique (INS) de Tunisie a publié les indicateurs des prix à la consommation pour le mois de juin 2026 : le taux d'inflation annuel s'établit à 5,3 %. Cette progression reflète un mouvement contrasté : le rythme de hausse des prix alimentaires ralentit légèrement par rapport à mai, mais il reste le poste le plus inflationniste ; en parallèle, des secteurs comme le tabac, les loisirs et la culture et l'hébergement pèsent aussi sur l'augmentation générale des prix.
Ce qui a le plus augmenté
- Sur un an, le groupe « Alimentation et boissons » affiche une hausse de 7,1 % (contre 8,2 % en mai), signe d'un léger infléchissement mais d'une pression toujours élevée.
- Les produits les plus touchés sont la viande ovine (+18,3 %), la viande bovine (+13,6 %), la volaille (+13,5 %), les poissons frais (+11,7 %) et les fruits frais (+11 %).
- À l'inverse, certains aliments ont vu leurs prix reculer : les huiles alimentaires (-5,5 %) et les œufs (-3,1 %).
Produits manufacturés et services : des hausses généralisées
Les produits manufacturés progressent de 4,7 % sur un an. L'habillement et les chaussures sont particulièrement concernés, avec une hausse de 9,2 %, tandis que les produits d'entretien courant du foyer augmentent de 4,7 %. Côté services, la hausse est de 4,3 %, portée surtout par les services d'hébergement (+15,4 %).
L'inflation sous-jacente et les produits encadrés
L'INS note aussi une légère progression de l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) : elle passe de 4,8 % en mai à 4,9 % en juin. Les écarts selon le type de produit restent nets : les produits libres (non encadrés) augmentent de 6,3 % sur un an, alors que les produits encadrés ne progressent que de 1,3 %. Pour l'alimentaire, les produits libres voient leurs prix grimper de 8 %, contre seulement 0,2 % pour les produits alimentaires à prix encadrés.
Variation mensuelle et impact sur le quotidien
Sur le mois, l'indice des prix à la consommation avance de 0,2 % entre mai et juin. Concrètement, pour les ménages tunisiens, cela signifie une augmentation régulière du coût de certains achats courants — notamment les viandes et les fruits — même si certains postes (huiles, œufs) offrent un répit. À l'échelle d'un foyer, la répartition entre produits encadrés et libres est déterminante : les familles dépendant davantage des produits libres ressentiront plus fortement l'érosion du pouvoir d'achat.
Tableau synthétique des variations (en % sur un an)
| Catégorie | Variation annuelle |
|---|---|
| Inflation globale | +5,3 % |
| Alimentation et boissons | +7,1 % |
| Produits manufacturés | +4,7 % |
| Services | +4,3 % |
| Inflation sous-jacente | +4,9 % |
Conséquences et points de vigilance
- La forte hausse des prix des viandes et des produits frais pèse directement sur les budgets alimentaires : les ménages modestes, qui consacrent une part plus importante de leurs ressources à l'alimentation, sont les plus exposés.
- La divergence entre produits libres et encadrés souligne le rôle des mesures de régulation des prix : les produits dont les prix sont contrôlés ou subventionnés limitent l'inflation ressentie par les consommateurs.
- La progression des services d'hébergement et des secteurs liés aux loisirs influence aussi le coût des séjours et des activités, impactant les dépenses des familles et des touristes.
Au total, la Tunisie enregistre en juin une inflation toujours présente et diversifiée : si le reflux de la hausse alimentaire entre mai et juin est un signe favorable, la hausse annuelle de 5,3 % et les hausses très ciblées sur certains produits imposent de la prudence. Pour les observateurs du pouvoir d'achat, le suivi des prix « libres » versus « encadrés » restera un indicateur clé pour mesurer l'évolution réelle du coût de la vie.