Un mouvement alimenté par la perspective d'une Fed moins agressive
Le marché de l'or a enregistré mardi une nouvelle séance de hausse, prolongeant une dynamique qui porte le métal précieux à son niveau le plus élevé depuis début juin. L'or au comptant a gagné 0,5 % pour atteindre 4 411,77 dollars l'once (à 00h30 GMT), tandis que les contrats à terme américains ont progressé de 1,2 %, à 4 472,10 dollars.
Pourquoi l'or grimpe
Plusieurs facteurs expliquent ce regain d'intérêt. D'abord, la publication vendredi de chiffres de l'emploi aux États-Unis plus faibles que prévu — une perte de 23 000 emplois en juillet malgré une légère baisse du taux de chômage à 4,1 % (contre 4,2 % en juin) — a invité les marchés à revoir à la baisse les probabilités d'une nouvelle hausse des taux par la Réserve fédérale. Dans ce contexte, l'or, actif qui ne verse aucun rendement sous forme d'intérêt, bénéficie traditionnellement quand les taux réels baissent ou que les anticipations de resserrement monétaire se modèrent.
Le calendrier macroéconomique au centre des attentions
Les investisseurs se tournent désormais vers les prochains indicateurs d'inflation américains : les prix à la consommation attendus mercredi, puis les prix à la production jeudi. Ces publications seront scrutées pour évaluer si l'inflation reste suffisamment robuste pour inciter la Fed à relever ses taux, ou si une détente des pressions permettra au métal jaune de poursuivre son mouvement haussier.
Contexte géopolitique et résultats miniers
Des facteurs géopolitiques pèsent aussi : des déclarations présidentielles autour de l'Iran et des contraintes potentielles sur le détroit d'Ormuz peuvent ajouter une prime de risque, soutenant la demande d'actifs refuge. Par ailleurs, le secteur minier confirme l'impact des cours élevés : Barrick Mining a annoncé une hausse de son bénéfice au deuxième trimestre liée à la progression des prix de l'or.
Autres métaux : une tendance générale
Le mouvement n'est pas isolé au métal jaune : l'argent au comptant a gagné 0,6 % à 66,16 dollars l'once, le platine a progressé de 0,6 % à 1 763,60 dollars et le palladium de 0,6 % à 1 391,21 dollars. Ces évolutions reflètent à la fois des anticipations monétaires et des dynamiques propres à chacun des marchés.
- Or au comptant : +0,5 %, 4 411,77 $/once
- Contrats à terme (États-Unis) : +1,2 %, 4 472,10 $
- Emploi US (juillet) : -23 000 emplois ; taux de chômage 4,1 %
| Métal | Variation | Prix |
|---|---|---|
| Or (comptant) | +0,5 % | 4 411,77 $/once |
| Argent (comptant) | +0,6 % | 66,16 $/once |
| Platine | +0,6 % | 1 763,60 $/once |
| Palladium | +0,6 % | 1 391,21 $/once |
Conséquences pour les investisseurs et l'économie
Pour les épargnants et les investisseurs, la dynamique actuelle illustre la sensibilité des prix des métaux précieux aux publications macroéconomiques et aux évolutions géopolitiques. Si les données d'inflation venaient à confirmer une décélération, l'or pourrait conserver un support élevé. À l'inverse, une surprise inflationniste renforcerait les anticipations de hausses de taux et pourrait limiter l'attrait du métal jaune. Enfin, la remontée des cours profite directement aux producteurs, comme en atteste l'amélioration des résultats de Barrick.
Les prochaines 48 heures seront déterminantes : elles diront si le rebond de l'or traduit un simple ajustement technique après des attentes de resserrement monétaire trop agressives, ou le début d'une tendance plus durable liée à une inflation persistante ou à une aversion accrue au risque.