Un atelier de haut niveau pour replacer la TSP au cœur du financement des médias
Du 12 au 14 août 2026, l’Agence de Soutien et de Développement des Médias (ASDM) tient à Grand-Bassam un atelier destiné à renforcer la mobilisation de la Taxe sur la Publicité (TSP), ressource centrale du dispositif public d’aide aux médias. Co-présidé par le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, et le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, cet événement rassemble l’administration fiscale, les représentants des deux ministères concernés, ainsi que des professionnels de la publicité et des médias.
La TSP sert de pivot au budget de l’ASDM : presse imprimée, médias numériques, radios et télévisions en bénéficient pour divers programmes de soutien. Mais la collecte et le reversement actuels apparaissent insuffisants au regard des besoins et des mutations économiques et technologiques qui bouleversent le secteur. L’atelier vise donc à identifier les freins opérationnels et juridiques à une meilleure mobilisation de cette ressource.
Qui participe et quels enjeux ?
L’initiative est portée par M. Méité Sindou, à la tête de l’ASDM, et co-présidée par M. Amadou Coulibaly et M. Adama Coulibaly, représentants respectifs de la communication gouvernementale et des finances. L’approche est résolument interinstitutionnelle : l’administration fiscale est attendue pour exposer les mécanismes de collecte, tandis que les acteurs publicitaires doivent faire part des pratiques et des obstacles à l’assujettissement effectif.
- Objectif : améliorer le rendement de la TSP pour augmenter la capacité d’intervention de l’ASDM.
- Constat : le niveau actuel de mobilisation est inférieur aux attentes et réduit les marges de manœuvre de l’agence.
- Conséquence : des programmes de soutien aux médias potentiellement limités si la ressource n’est pas optimisée.
Conséquences pour les médias et l’écosystème publicitaire
Dans un paysage où la publicité migratoire vers le numérique bouleverse les modèles traditionnels, la fiabilité et l’efficacité d’une taxe dédiée deviennent essentielles. Si la TSP est correctement mobilisée, l’ASDM pourra maintenir, voire renforcer, ses dispositifs en faveur des entreprises de presse et des autres acteurs médiatiques. À l’inverse, une collecte défaillante continuera d’aggraver la vulnérabilité financière des titres et des stations, fragilisant la pluralité et la qualité de l’information.
Aspects opérationnels et pistes attendues
Le séminaire devrait aborder plusieurs volets concrets : clarification des assiettes et des assujettissements, renforcement des contrôles fiscaux, simplification des procédures de reversement, et meilleure coopération entre régulateurs, annonceurs et plateformes numériques. Les professionnels de la publicité, sollicités pour expliquer les pratiques du marché, joueront un rôle clé pour que la réforme reste applicable et acceptée.
| Acteur | Rôle attendu |
|---|---|
| ASDM (Méité Sindou) | Pilotage des programmes et définition des besoins |
| Ministère de la Communication (Amadou Coulibaly) | Co-présidence, cadrage politique |
| Ministère des Finances (Adama Coulibaly) | Co-présidence, fiscalité et collecte |
| Administration fiscale | Optimisation des mécanismes de recouvrement |
| Professionnels de la publicité | Retour d’expérience marché |
Un rendez-vous décisif pour la durabilité du modèle
Si l’atelier de Grand-Bassam est avant tout technique, ses conclusions auront des implications politiques et économiques sensibles. La capacité de l’État à sécuriser une source de financement dédiée déterminera la portée des interventions publiques en faveur de la presse et des médias audiovisuels. À court terme, l’enjeu est d’augmenter les recettes disponibles ; à moyen terme, il s’agit d’adapter le mécanisme aux transformations du marché publicitaire pour garantir la soutenabilité des aides.