Une révision des prévisions de croissance européenne et des risques pour les finances publiques
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) tire la sonnette d'alarme : les perspectives de croissance pour les pays européens ont été ajustées à la baisse, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les récents conflits au Proche-Orient. Selon Odile Renaud-Basso, présidente de la BERD, les nouvelles estimations de la Commission placent la croissance à 0,9%, tandis que l'inflation atteindrait 3% en 2026.
Ces chiffres traduisent des tensions sur plusieurs canaux : la volatilité et la hausse des prix du pétrole liées aux conflits dans la région du Proche-Orient, des pressions inflationnistes persistantes, et un environnement où le secteur privé peut se montrer plus prudent, voire se retirer de certaines zones à risque. Face à cela, la BERD rappelle sa mission d'intervention lorsque le financement privé se raréfie.
Contrôler les dépenses publiques sans étouffer la demande
Interrogée sur la stratégie des États, la présidente de la BERD estime que les mesures de soutien adoptées pour amortir le choc des prix de l'énergie doivent rester « temporaires et très ciblées ». Elle met en garde contre les conséquences d'un endettement public élevé, notamment en France, où la dette a « fortement augmenté après le Covid », ce qui augmente la vulnérabilité aux chocs futurs et limite l'espace budgétaire.
« Les perspectives de croissance ont globalement été revues à la baisse (...) on a revu à la baisse de 0,5% en moyenne sur l'ensemble des pays. »
La recommandation est claire : concilier des filets de protection indispensables pour les ménages et entreprises exposés, tout en veillant à la soutenabilité des comptes publics à moyen terme. Pour un pays comme la France, cela signifie des arbitrages sur la durée et le ciblage des aides — priorité aux ménages les plus vulnérables et aux secteurs stratégiques.
La BERD en première ligne : interventions et chiffres
La BERD ne se contente pas d'alerter : elle adapte ses instruments pour fournir des soutiens en liquidités et des financements d'urgence quand les acteurs privés se retirent. Sur des terrains sensibles, ses engagements sont concrets et chiffrés.
| Action | Montant | Zone |
|---|---|---|
| Investissements depuis 2024 | 46 milliards d'euros | Cisjordanie |
| Prévision de déploiement | 5 milliards d'euros | Pays affectés par les répercussions de la guerre en Iran |
Conséquences concrètes pour l'économie française
- Ralentissement de la croissance : une activité moins vigoureuse pèse sur l'emploi et les recettes publiques.
- Inflation encore supérieure aux objectifs : pression sur le pouvoir d'achat et nécessité de ciblage des aides.
- Endettement élevé : moins de marges de manœuvre pour des relances budgétaires futures, appel à la rigueur sur les dépenses récurrentes.
En l'absence d'intervention directe de la BERD en France, les recommandations de son dirigeante restent toutefois signifiantes pour l'action publique : limiter les mesures de soutien à des dispositifs temporaires et ciblés, protéger les plus exposés sans amplifier la dette publique. Ce positionnement illustre la difficulté des décideurs : soutenir l'économie maintenant sans compromettre la stabilité financière demain.
La conjonction d'une croissance abaissée, d'une inflation persistante et d'un endettement élevé dessine un paysage où les choix budgétaires et structurels des prochains mois seront déterminants pour la résilience de l'économie française.