Une mesure qui touche des dizaines de milliers de résidents
La majorité parlementaire israélienne a proposé de mettre fin à l’installation de bureaux de vote dans les maisons de retraite avant les prochaines élections législatives, provoquant l’inquiétude de députés de l’opposition. Selon le député Oded Forer, la suppression de ces dispositifs concernerait entre 35 000 et 37 000 personnes — ce qui, d’après ses calculs, équivaudrait à l’impact électoral d’un siège à la Knesset.
Contexte et cible de la mesure
La proposition vise exclusivement les établissements dits de maisons de retraite et de résidences-services. Elle ne concerne pas les structures médico‑sociales où des isoloirs mobiles sont déjà disponibles — à l’instar des pratiques en vigueur dans les hôpitaux.
Un élu de l'opposition a dénoncé une tentative "malveillante" pour empêcher des dizaines de milliers de retraités de voter.
Les opposants à la mesure accusent la coalition de chercher à réduire la participation électorale parmi les personnes âgées, segment de l’électorat réputé plus favorable à l’opposition. En parallèle, la majorité envisage d’étendre le droit de vote à environ 200 personnes effectuant leur shirout leumi (service national) à l’étranger, une catégorie jugée plus susceptible de soutenir la coalition — proposition qui a suscité des réserves et une forte contestation.
Réaction parlementaire et recul apparent
Lors d’une audition, Simcha Rothman, président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, a indiqué qu’en raison de la controverse entourant ces deux dispositions, il a retiré de la discussion l’élargissement du droit de vote tant pour les personnes âgées que pour celles effectuant le service national à l’étranger. Reste néanmoins la question des isoloirs dans les maisons de retraite, qui continue d’alimenter le débat.
Historique : une pratique instaurée pendant la pandémie
Le dispositif d’installation de bureaux de vote dans les établissements pour personnes âgées a été mis en place pour la première fois lors des élections de 2021, en réponse à la crise sanitaire liée au Covid‑19. À l’époque, des isoloirs avaient été installés dans tous les établissements accueillant au moins 30 résidents. Pour les élections suivantes, fin 2022, ce seuil avait été relevé : seuls les établissements accueillant au moins 75 résidents avaient bénéficié d’un bureau de vote.
- 35 000–37 000 : nombre estimé de résidents concernés par la suppression des isoloirs, selon un député.
- 200 : personnes effectuant le service national à l'étranger que la coalition souhaitait autoriser à voter.
- 30 puis 75 : seuils historiques du nombre de résidents nécessaires pour l’installation d’un bureau de vote (2021 et 2022).
Enjeux et conséquences
La discussion dépasse la simple logistique électorale : elle touche à l’égalité d'accès au vote pour des personnes fragiles ou à mobilité réduite et à la manière dont des modifications règlementaires peuvent influer sur la composition du corps électoral. Les opposants dénoncent un risque d’exclusion électorale d’un groupe d’âge spécifique ; la majorité, de son côté, argue de la nécessité d’un encadrement des modalités de vote, sans toutefois préciser dans le texte public les critères retenus pour exclure certains établissements.
À court terme, le retrait de l’élargissement du droit de vote au profit des volontaires à l’étranger montre que la controverse a eu un effet politique. La question de l’accès au vote des résidents des maisons de retraite reste toutefois ouverte et pourrait être réexaminée avant le vote final sur la loi électorale.