Un départ lié au Covid, puis une liquidation à taux plein
Ancien personnel navigant commercial (PNC) chez Air France, Alain (né en avril 1961) a cessé son activité de steward à 60 ans lors du recul d'activité provoqué par la pandémie. L'entreprise a proposé aux salariés expérimentés une rupture conventionnelle collective. Il a accepté l'offre, perçu des indemnités de départ, puis touché des allocations chômage pendant deux ans, jusqu'à l'âge de 62 ans, âge légal applicable à sa génération.
Validation des trimestres et départ au taux plein
Durant cette période de chômage, ses allocations ont permis de valider les trimestres nécessaires. En conséquence, lorsqu'il a demandé la liquidation de ses droits à la retraite à 62 ans, sa pension lui a été calculée au taux plein, c'est‑à‑dire sans minoration liée au nombre de trimestres manquants.
Composition et montants de la pension
La pension totale d'Alain se compose de deux volets : la retraite de base du régime général (CNAV) et la pension complémentaire spécifique aux personnels navigants. Les montants déclarés sont les suivants :
- CNAV : 1 300 € par mois
- CRPN (complémentaire des PNC) : 1 600 € par mois
Soit un total d'environ 2 900 € nets par mois. Par ailleurs, des points accumulés sur d'autres emplois salariés ont donné lieu à un versement complémentaire sous forme de capital Agirc‑Arrco d'environ 2 500 €.
| Poste | Montant |
|---|---|
| CNAV (régime de base) | 1 300 € / mois |
| CRPN (complémentaire PNC) | 1 600 € / mois |
| Capital Agirc‑Arrco | ≈ 2 500 € |
Comparaison avec le salaire d'activité et impact sur le revenu
Avant la rupture, en septembre 2019, sa fiche de paie affichait 4 383 € brut (soit 3 298 € net). Son traitement de base chez Air France tournait alors autour de 1 709 €, complété par des éléments variables qui faisaient monter le salaire total. Il estime aujourd'hui avoir perdu environ 400 € par mois par rapport à sa rémunération d'avant la retraite.
Inégalités de trajectoire au sein du foyer
La situation familiale met en lumière des écarts de revenus à la retraite : l'épouse d'Alain, socio‑esthéticienne indépendante, perçoit environ 1 000 € mensuels de pension. La combinaison des deux pensions permet de limiter la perte globale de niveau de vie, mais souligne les disparités entre régimes et statuts (salarié du secteur aérien vs indépendants).
Le rôle des dispositifs d'entreprise et des allocations chômage
Ce cas illustre comment une rupture conventionnelle collective associée à une période d'allocations chômage peut faciliter un départ anticipé sans décote, lorsque les trimestres nécessaires sont validés pendant la période d'indemnisation. Pour les salariés proches de l'âge légal, ces mécanismes ont été déterminants pendant la crise sanitaire : ils ont offert une sortie progressive de l'emploi tout en maintenant la continuité des droits.
« Pour moi, le Covid a été une chance ! »
Ce retour d'expérience montre aussi la diversité des régimes de retraite en France : la part complémentaire des PNC (CRPN) est ici essentielle pour obtenir un niveau de pension proche de l'ancien salaire net. Pour d'autres générations ou statuts professionnels, la combinaison des régimes et les conséquences financières d'un départ anticipé peuvent être très différentes.
En définitive, le parcours d'Alain — départ lié à une rupture collective, période de chômage permettant de valider les trimestres, liquidation des droits à 62 ans au taux plein — constitue un exemple concret de stratégie de sortie d'activité réussie pour un salarié du secteur aérien, mais non transposable sans examen précis des droits et de la chronologie des événements pour chaque situation individuelle.