Entrée en vigueur le 18 mars 2026, le paquet « Omnibus » a recentré la portée de la directive européenne sur le reporting de durabilité (CSRD) sur un périmètre nettement plus réduit. Selon la Commission européenne, cette nouvelle rédaction retire près de 80 % des entreprises initialement visées du champ obligatoire. Concrètement, seules les entités dépassant 1 000 salariés et un chiffre d’affaires net de 450 millions € restent concernées.
Des PME toujours sollicitées malgré l'exclusion réglementaire
La simplification réglementaire n'a pas tari la demande d'informations ESG adressée aux petites et moyennes entreprises. Banques, investisseurs et grandes entreprises clientes continuent d'exiger des données extra‑financières, car les acteurs soumis au reporting doivent collecter des informations le long de leur chaîne de valeur pour établir leurs propres rapports. Pour de nombreuses PME, cela se traduit par une succession de questionnaires hétérogènes, chronophages et coûteux.
La VSME : un standard volontaire pour harmoniser les réponses
Face à cette situation, l'EFRAG a proposé un cadre volontaire, la VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non‑listed SMEs), recommandé par la Commission européenne le 30 juillet 2025. Son ambition est pragmatique : offrir un socle commun pour que les PME puissent produire une information réutilisable, évitant la multiplication des demandes ad hoc.
- Module de base : un noyau minimal d'indicateurs destiné à couvrir les attentes les plus fréquentes des partenaires financiers et commerciaux.
- Module élargi : des indicateurs complémentaires pour les PME ayant des enjeux sectoriels ou des relations commerciales plus exposées.
Conséquences pour les entreprises, salariés et clients
Pour les dirigeants de PME, la VSME peut réduire le temps passé à répondre aux questionnaires et faciliter la construction d'une stratégie de durabilité cohérente. Du côté des salariés, un reporting mieux structuré peut conduire à une meilleure prise en compte des risques sociaux et environnementaux dans la gestion de l'entreprise. Les clients et donneurs d'ordre, enfin, gagnent en comparabilité et en fiabilité d'information lorsqu'ils reçoivent des rapports alignés sur un standard commun.
| Élément | Seuil / date |
|---|---|
| Plancher CSRD après Omnibus | 1 000 salariés et 450 M€ CA |
| Part des entreprises sorties du champ | ~80 % (estimation Commission européenne) |
| Recommandation VSME | 30 juillet 2025 |
En pratique, la diffusion et l'adoption de la VSME poseront plusieurs questions opérationnelles : disponibilité d'outils simples pour collecter les données, formation des équipes comptables et RSE des PME, et reconnaissance par les grands clients qui pourront adapter leurs outils d'achat responsable. La réussite dépendra aussi de la capacité des institutions financières et des groupes industriels à reconnaître ce standard comme référence suffisamment robuste pour réduire les demandes redondantes.
À court terme, la nouvelle donne réglementaire devrait soulager administrativement un grand nombre d'entreprises françaises en les excluant du périmètre contraignant de la CSRD. Mais sans mécanismes d'harmonisation acceptés par les acteurs en amont (banques et donneurs d'ordre), les PME risquent de rester exposées à une charge de reporting informelle. La VSME propose une voie médiane : volontaire mais structurante, elle peut devenir l'outil pratique qui évitera aux petites entreprises de se perdre dans une myriade de questionnaires divergents.