Un niveau d'endettement encore en deçà des plafonds retenus
Au 30 juin 2026, l'encours de la dette publique du Cameroun s'établit à 15 607 milliards FCFA, soit 44,2 % du produit intérieur brut (PIB). Il s'agit d'une hausse modérée par rapport à fin mars 2026 où l'encours était de 15 416 milliards FCFA : la progression sur le trimestre est d'environ 191 milliards FCFA.
La Caisse autonome d'amortissement (CAA) interprète ces chiffres comme la poursuite d'une trajectoire jugée soutenable. Le niveau constaté reste inférieur au plafond retenu dans la Stratégie d'endettement à moyen terme (SEMT) 2026-2028, fixé à 50 % du PIB, et loin du critère communautaire de la CEMAC, établi à 70 % du PIB.
« ce niveau d’endettement demeure toutefois inférieur au plafond de soutenabilité fixé à 50 % du PIB... Il traduit ainsi le maintien d’une trajectoire d’endettement globalement compatible avec les objectifs de préservation de la soutenabilité des finances publiques »
Une concentration nette sur l'administration centrale
L'analyse de la structure de la dette montre une forte concentration au niveau de l'administration centrale, qui représente 93,9 % de l'encours total. Sa dette directe atteint 14 659 milliards FCFA, soit 41,5 % du PIB. Sur le court terme, cette composante diminue de 0,3 % par rapport au mois précédent, mais progresse de 0,7 % sur le trimestre et de 8,3 % en glissement annuel.
Dettes des établissements publics et répartition interne/externe
Du côté des autres acteurs publics, les établissements et entreprises publics supportent 923 milliards FCFA de dette, l'équivalent de 2,6 % du PIB. La CAA signale également que cette dette représente 5,9 % de l'encours total, tandis que la part des collectivités territoriales reste marginale (0,2 %).
- Financements extérieurs : 64,5 % de l'encours total.
- Dette intérieure : 35,5 % (y compris restes à payer de plus de trois mois).
- Variation sur un trimestre : +191 milliards FCFA entre fin mars et fin juin 2026.
| Rubrique | Montant (milliards FCFA) | Part du PIB |
|---|---|---|
| Encours total | 15 607 | 44,2 % |
| Administration centrale (dette directe) | 14 659 | 41,5 % |
| Établissements et entreprises publics | 923 | 2,6 % |
Ce que cela implique pour la politique économique
Le diagnostic de la CAA invite à deux lectures complémentaires. D'une part, le ratio dette/PIB reste sous le plafond national de la SEMT, ce qui donne une marge de manœuvre sur la soutenabilité à court terme. D'autre part, la prépondérance de la dette extérieure (64,5 %) expose le pays aux variations des conditions financières internationales et au risque de change, des éléments à surveiller si les taux mondiaux augmentaient ou si la monnaie se dépréciait.
Enfin, la concentration des engagements sur l'administration centrale signifie que les décisions budgétaires et la gestion de la dette publique resteront déterminantes pour la trajectoire future. La hausse annuelle de la dette directe (+8,3 %) appelle à un suivi précis des besoins de financement et des coûts du service de la dette au fil des trimestres.
Sur le plan opérationnel, la CAA et les autorités devront jongler entre des objectifs concurrents : préserver l'espace budgétaire pour l'investissement public, maîtriser le service de la dette et rester vigilants face aux risques macro-financiers liés à la forte composante extérieure de l'encours.