Un tableau d’ensemble stable, mais un problème profond de durée
À la fin du deuxième trimestre 2026, 59 780 personnes figuraient sur les listes de France Travail en Guadeloupe, à Saint‑Martin et à Saint‑Barthélemy. Ce total est en hausse de 870 personnes par rapport au trimestre précédent, mais il recule légèrement (-0,5 %) sur un an. Ces chiffres masquent cependant une évolution plus préoccupante : une part croissante des demandeurs reste durablement éloignée du marché du travail.
Si l’on considère uniquement les demandeurs tenus de rechercher activement un emploi (catégories A, B et C), ils sont près de 55 000, soit une diminution marginale de 1 % sur un an. La tranche d’âge 25‑49 ans reste la plus représentée, suivie des 50 ans et plus, signe que la pénurie d’emplois durables touche aussi les tranches d’âge actives.
Le visage du chômage de longue durée
Le point le plus marquant des dernières statistiques est le poids du chômage de longue durée : 55,4 % des inscrits sont enregistrés depuis plus d’un an, une proportion en hausse de 2,6 points en douze mois. Cette progression traduit davantage une installation structurelle du chômage que des variations conjoncturelles : une majorité des personnes inscrites peinent à retrouver une activité stable.
Autre élément à retenir : 5 500 personnes sont sorties des listes de France Travail au cours de la période. Mais ces sorties ne correspondent pas toutes à des retours à l’emploi. Un grand nombre résultent de radiations liées à un défaut d’actualisation de la situation des demandeurs ; d’autres ont pu retrouver un emploi sans le signaler à l’agence, rendant l’interprétation des « sorties » délicate.
Conséquences pour les actifs et les employeurs
Ce double constat — effectifs globalement stables et montée du chômage de long terme — a des implications concrètes. Pour les demandeurs, l’allongement des durées d’inscription augmente le risque de déclassement professionnel et de perte de compétences, en particulier pour les plus âgés. Pour les employeurs, cela signifie une difficulté potentielle à trouver des profils récemment qualifiés et immédiatement opérationnels, renforçant la nécessité d’investir dans la formation et l’accompagnement.
- Stabilité numérique des inscrits : +870 vs trimestre précédent, -0,5 % sur un an.
- Demandeurs actifs (A, B, C) : ~55 000, -1 % sur un an.
- Chômage de longue durée : 55,4 % des inscrits, +2,6 points en un an.
Vers quelles réponses publiques ?
Ces données posent la question des politiques d’activation et du ciblage des dispositifs. Renforcer l’aide à la recherche d’emploi, développer les formations qualifiantes adaptées aux bassins d’emploi locaux, et améliorer le suivi administratif des inscrits pour limiter les sorties « techniques » figurent parmi les leviers potentiels. Sans ces ajustements, la stabilité apparente risque de masquer une dégradation progressive de l’employabilité sur ces territoires.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Inscrits totaux | 59 780 |
| Variation trimestre / trimestre | +870 |
| Variation annuelle | -0,5 % |
| Catégories A/B/C | ~55 000 (-1 % sur un an) |
| Inscrits > 1 an | 55,4 % (+2,6 points) |
| Sorties des listes | 5 500 |