Une réforme saluée mais jugée risquée par les petites structures
L’Arrêté n°0750/MCF/CAB du 14 octobre 2025, qui organise désormais le statut des entrepreneurs de spectacles vivants en Côte d’Ivoire, est accueilli favorablement par la Confédération Patronale Unique des PME de Côte d’Ivoire (CPU-PME CI). L’organisation considère ce texte comme une « étape importante » pour professionnaliser la filière, renforcer la sécurité des publics et mieux préserver les droits d’auteur.
Des coûts qui menacent l’existence des PME culturelles
Malgré ces bénéfices attendus, la CPU-PME CI alerte sur les conséquences pratiques de certaines exigences. Elle met en avant que les frais d’accès aux licences dites B et C sont estimés entre 9,5 et 10 millions de FCFA, un niveau qui, selon elle, pourrait peser lourdement sur les petites structures et les organisateurs d’événements ponctuels.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Arrêté | n°0750/MCF/CAB du 14/10/2025 |
| Licences concernées | B et C |
| Coût estimé | 9,5 à 10 millions FCFA |
Propositions pour ménager les opérateurs locaux
Pour concilier la volonté d’assainissement de la filière et la survie des acteurs de taille modeste, la Confédération recommande d’appliquer le principe de progressivité réglementaire. Parmi les pistes avancées figure la création d’une Autorisation Temporaire de Manifestation Culturelle (ATMC), destinée aux manifestations ponctuelles — fêtes de village, kermesses, festivals locaux, événements des collectivités territoriales — afin de leur permettre de se conformer sans supporter immédiatement l’ensemble des contraintes prévues pour les opérateurs permanents.
Quels enjeux pour le secteur culturel et l’emploi ?
Si la mise en œuvre stricte et immédiate des nouvelles obligations devait se poursuivre, la CPU-PME CI craint deux risques principaux : la disparition d’un nombre significatif de PME culturelles incapables d’assumer les coûts, et un retour massif vers l’informel, qui fragiliserait la sécurité des publics et l’application des droits d’auteur. À l’inverse, une application progressive pourrait permettre aux acteurs de s’adapter, de se professionnaliser et d’intégrer progressivement le cadre légal sans fermer des activités locales essentielles à la vie culturelle.
Conclusion — équilibre à trouver
La réforme vise incontestablement à structurer une filière longtemps marquée par la précarité et des pratiques non formalisées. Reste que son succès dépendra de l’accompagnement financier et technique offert aux PME et de la capacité des pouvoirs publics à calibrer une mise en œuvre tenant compte des réalités économiques locales. La demande de la CPU-PME CI pour une application graduelle constitue ainsi une invitation à concilier ambitions réglementaires et maintien d’un tissu culturel diversifié.
- Points clés : professionnalisation, sécurité, droits d’auteur.
- Risques identifiés : coûts élevés, disparition de PME, informelisation.
- Proposition : création d’une ATMC et progressivité réglementaire.