Un coup dur pour le site rochelais : licenciements et colère
Le site de Greenwood Atlantic à La Rochelle, anciennement Scierie de l'Atlantique, a vu 31 salariés se voir signifier un licenciement pour motif économique lorsque le liquidateur était présent ce vendredi dans les locaux. Les contrats de sécurisation professionnelle, destinés à ouvrir droit à des mesures d'accompagnement par France Travail, ont été proposés lors de cette procédure.
Les salariés se sont rassemblés devant l'usine pour protester contre ce qui est perçu comme une décision brutale de l'actionnaire. La mise en liquidation, prononcée le 23 juillet par le tribunal de commerce de Niort pour l'ensemble du groupe (y compris le site des Deux-Sèvres avec 27 salariés), suscite l'indignation des représentants du personnel et des élus locaux.
Un actionnaire pointé du doigt
Les salariés et leurs représentants reprochent à Delta Alternative Management (Delta AM), actionnaire depuis décembre 2024, d'avoir « violé sa signature » et ses engagements, selon Me Gabin Bornier, avocat du cabinet Drageon présent aux côtés des employés. L'actionnaire était pourtant censé mobiliser jusqu'à 50 millions d'euros sur deux ans pour préserver l'activité et l'emploi, promesse devenue centrale dans la contestation.
« Il ne s’agit pas d’une simple faillite économique » mais « d’un abandon total et cynique de la part de l’actionnaire »,
écrit Olivier Falorni, maire de La Rochelle et président de la Communauté d'agglomération, dans un courrier de solidarité avec les salariés. Cette formulation traduit l'incompréhension et la colère des élus face à la trajectoire de l'entreprise après le rachat par le fonds parisien.
Les suites juridiques et sociales
Face à la liquidation et aux modalités de licenciement, les salariés annoncent préparer une procédure collective aux prud’hommes. Le liquidateur a engagé la procédure formelle de licenciements économiques, tandis que les représentants dénoncent le refus de l'actionnaire de négocier un plan de sauvegarde de l'emploi digne avant la validation judiciaire.
- 31 salariés concernés sur le site de La Rochelle
- 27 salariés concernés sur le site des Deux-Sèvres
- Engagement non tenu de Delta AM : mobilisation annoncée de 50 millions d'euros
Ce que cela signifie
La situation illustre les risques sociaux liés aux opérations de reprise par des fonds d'investissement : promesses de sauvetage, puis arbitrage économique parfois suivi d'une liquidation. Pour les salariés, l'enjeu immédiat est l'accès aux mesures d'accompagnement et la contestation juridique des licenciements. Pour le territoire, la disparition d'une activité industrielle pose des questions sur la pérennité des filières locales et sur la capacité des acteurs publics à obtenir des garanties lors de reprises par des investisseurs privés.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Salariés La Rochelle | 31 |
| Salariés Deux-Sèvres | 27 |
| Engagement annoncé de l'actionnaire | 50 M€ sur deux ans |
La mobilisation se poursuit et les procédures juridiques engagées par les salariés seront à suivre : elles détermineront si des recours permettront d'obtenir des indemnisations supplémentaires ou de remettre en cause la gestion par l'actionnaire et le liquidateur.