Un filet de sécurité élargi aux saisonniers "fidèles" des entreprises sinistrées
Le gouvernement a décidé d'ouvrir le dispositif d'activité partielle aux saisonniers qui n'avaient pas encore signé de contrat mais justifiaient d'une présence régulière au sein des entreprises sinistrées par les incendies du Sud-Ouest. L'annonce, faite par le ministre du Tourisme Serge Papin, vise à protéger des salariés précaires dont les missions ont été empêchées par les feux et les évacuations.
Concrètement, peuvent bénéficier du chômage partiel ceux qui ont travaillé pour la même entreprise lors des deux étés précédents (été 2024 et été 2025) même s'ils n'avaient pas encore été recontactés ou embauchés pour la saison 2026. Le ministre a expliqué que l'extension concerne « tous ceux qui étaient là depuis deux ans », illustrant l'intention d'assurer une continuité de protection pour des travailleurs saisonniers « fidèles » mais parfois sans contrat formalisé au moment du sinistre.
"va être élargi aux saisonniers qui n'avaient pas de contrat, mais qui étaient là l'année dernière"
Pourquoi cette mesure compte pour les salariés et les employeurs
Cette décision répond à une double préoccupation : éviter une perte de revenus pour des salariés dépendant de courtes missions répétées, et maintenir la capacité de redémarrage des entreprises touristiques et de restauration affectées. Pour les saisonniers, l'accès au dispositif signifie le versement d'indemnités dès lors qu'ils remplissent la condition de présence sur les deux étés antérieurs, sans attendre une embauche formelle. Pour les employeurs, étendre le périmètre de l'activité partielle permet de limiter une casse sociale et d'assurer une réembauche plus fluide lorsque l'activité reprendra.
Contexte opérationnel et impact immédiat
- Les incendies ont entraîné l'évacuation de 224 000 personnes dans plusieurs communes du nord-ouest au sud de Bordeaux.
- Sur les 82 000 salariés concernés par ces évacuations, environ un quart avaient repris le travail au moment du point fait par les autorités.
- Près de 4 000 établissements sur 23 000 fermés ou évacués avaient rouvert.
| Donnée | Chiffre |
|---|---|
| Personnes évacuées | 224 000 |
| Salaris concernés | 82 000 |
| Établissements rouvert | 4 000 (sur 23 000 fermés/évacués) |
Limites et points à clarifier
Le ministre a précisé que cette catégorie de saisonniers représente une minorité des cas — la plupart des saisonniers sont embauchés pour des périodes courtes, fréquemment deux mois. Restent à préciser les modalités administratives : comment seront vérifiées les présences des étés précédents, la durée et le niveau de l'indemnisation, et l'articulation avec d'autres aides locales ou nationales. Le cabinet du ministre avait indiqué qu'il réfléchissait à des mesures de soutien pour les saisonniers « qui vont peut-être se retrouver sans contrat », soulignant la nécessité d'une mise en œuvre rapide et claire.
À court terme, l'extension du dispositif doit permettre d'éviter des ruptures de revenus pour des travailleurs précaires et de faciliter la relance des activités d'hôtellerie-restauration et de commerce qui, selon Serge Papin, pourraient rouvrir sous quelques jours après des opérations sanitaires et logistiques (nettoyage, mise à jour des stocks frigorifiques...).
Pour les salariés saisonniers, la recommandation est de conserver toute preuve de leur présence les années antérieures (échanges, fiches de paie, attestations) et de se renseigner rapidement auprès de leur employeur ou des services compétents afin d'activer le droit au chômage partiel le cas échéant.