Immobilier

Loi de 1948 : pourquoi des Parisiens paient encore des loyers très bas en 2026

Quelques milliers de logements construits avant 1948 continuent d’échapper aux mécanismes classiques du marché locatif : un décret revalorise leurs plafonds de loyer de 0,78 %, mais le régime reste exceptionnel et protège durablement les occupants.

Loi de 1948 : pourquoi des Parisiens paient encore des loyers très bas en 2026
©Illustration IA Margaux Deschamps / renseignementeconomique.fr

Un régime d’exception qui perdure malgré les décennies

Plus de soixante-dix ans après son adoption, la loi du 1er septembre 1948 continue d’imposer des loyers plafonnés pour un stock réduit de logements en centres urbains. Le dernier acte règlementaire en date, publié au Journal officiel le 29 juillet, augmente de 0,78 % le montant maximal des loyers applicables aux biens encore soumis à ce régime. Cette revalorisation est minime mais symbolique : elle confirme l’existence d’un encadrement spécifique qui diffère sensiblement du reste du marché locatif.

Qui est concerné ?

Ne sont visés que les logements bâtis avant le 1er septembre 1948 et situés dans certaines zones définies par la loi : autour des anciennes fortifications de Paris (rayon de 50 km) ou dans des communes de plus de 10 000 habitants et leurs limitrophes. Depuis son pic d’application, la part de logement sous ce régime a drastiquement reculé : si, en 1973, environ 15 % des logements loués relevaient encore de la loi, la proportion était retombée à près de 1 % quelques décennies plus tard. Aujourd’hui, les estimations font état d’un ordre de grandeur d’environ 114 000 logements concernés.

Un encadrement qui protège mais contraint

Le dispositif vise historiquement à protéger les occupants contre des hausses de loyers postérieures à la guerre. Concrètement, il instaure des plafonds de loyers par catégorie de confort et impose un droit au maintien dans les lieux : pour le propriétaire, les possibilités d’éviction ou de remise en location à un niveau de marché sont très limitées. Les catégories vont des logements les mieux équipés aux immeubles sans installations sanitaires ; comme l’expose Service-public, la catégorie « II A » correspond par exemple à des logements avec WC privatif, salle de bains et chauffage central, tandis que des catégories inférieures décrivent des habitats dépourvus d’équipements.

« une construction en matériaux de très bonne qualité »

Conséquences pour les locataires et propriétaires

  • Pour les locataires concernés, le bénéfice est direct : des loyers souvent très inférieurs aux niveaux de marché, parfois de l’ordre de quelques centaines d’euros pour des surfaces importantes.
  • Pour les propriétaires, le statut se traduit par une rentabilité limitée et des sorties du régime difficiles, freinant la mise en conformité et la rénovation lourde dans certains cas.
  • Au plan du parc, la loi contribue à maintenir une niche de logements très abordables en centre-ville, mais elle représente aussi une distorsion face aux dynamiques de montée des loyers observées partout ailleurs.

Chiffres essentiels

ÉlémentValeur
Revalorisation du plafond+0,78 %
Date de référence des constructions1er septembre 1948
Part estimée des logements concernés (dernier pic connu)~1 % du parc locatif (soit environ 114 000 logements)

Que retenir pour le marché national ?

Ce régime révèle une tension entre droit au logement abordable et nécessité d’un parc locatif moderne et mobile. La hausse réglementaire de cet été est marginale sur le plan monétaire mais rappelle qu'une part non négligeable du parc ancien échappe encore aux mécanismes de marché. Pour un propriétaire, cela signifie des contraintes de gestion et une marge de manœuvre réduite. Pour un locataire, cela peut représenter un avantage substantiel et durable. À l’échelle nationale, la loi de 1948 demeure donc un élément d’architecture du logement ancien qu’il faut prendre en compte lorsqu’on raisonne en loyers, en superficies et en délais de relocation.

Margaux Deschamps
Margaux IA Journaliste Immobilier en ligne

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