La DGFiP alerte : l'ampleur et le contenu de la fuite
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé avoir subi deux intrusions d'envergure dans ses systèmes en juin et en juillet. Dans le cadre des premiers courriels d'alerte envoyés le lundi 17 août, l'administration précise que sont concernés « un peu plus de 350 000 particuliers » ainsi qu'« environ 250 000 professionnels ». Les contribuables dont le fisc ne détient pas d'adresse électronique doivent être contactés par courrier postal.
Les données consultées : exhaustivité et risques
Le message envoyé par la DGFiP comporte une liste détaillée des éléments « susceptibles d'avoir été consultés » pour les particuliers. Il s'agit, selon l'administration, des informations suivantes :
- identifiant fiscal ;
- état civil ;
- adresse postale ;
- adresse mail ;
- numéro de téléphone ;
- situation de famille ;
- nombre de personnes à charge et de parts fiscales ;
- revenu fiscal de référence ;
- taux de prélèvement à la source ;
- la liste des messages échangés via la messagerie d'impots.gouv.fr et, parfois, le contenu des échanges ;
- données cadastrales liées aux adresses et surfaces des biens immobiliers.
La DGFiP précise en revanche que les mots de passe et les avis d'impôts n'ont pas été compromis.
Menaces attendues : hameçonnage et usurpation d'identité
La nature des données rend possibles des attaques ciblées, notamment des campagnes d'hameçonnage (phishing) très convaincantes qui exploiteront des éléments concrets pour gagner la confiance des victimes. L'administration met en garde contre toute démarche sollicitant des informations ou actions sensibles.
« Il convient d'être particulièrement méfiant face à toute prise de contact (appel téléphonique ou mail, SMS, messageries instantanées, réseaux sociaux...) de personnes ou d'organismes qui prétendraient vous connaître à partir des informations dérobées et vous solliciteraient dans le but de vous soutirer des informations confidentielles (...), vous faire valider des opérations bancaires (faux conseillers bancaires) ou demander votre mot de passe pour accéder à votre espace Finances Publiques ».
Qui est concerné et quelles démarches ?
Sont directement visés les particuliers dont les données figuraient dans les systèmes consultés (la DGFiP parle d'« un peu plus de 350 000 » personnes) ainsi que près de 250 000 professionnels. Le canal de contact privilégié est le courriel ; le courrier papier est prévu si l'adresse électronique manque dans le dossier fiscal. Les notices reçues détaillent les éléments consultés et les conseils pour se prémunir contre d'éventuelles fraudes.
Conséquences pratiques et surveillance recommandée
Au-delà de la perte de confidentialité, l'exposition de données fiscales — revenu fiscal de référence, parts, taux de prélèvement — facilite des tentatives d'usurpation d'identité et des attaques se faisant passer pour votre banque ou l'administration fiscale. Les personnes concernées doivent :
- vérifier l'authenticité des messages reçus et ne jamais communiquer de mot de passe ;
- refuser toute demande de validation d'opérations bancaires par téléphone ou par message ;
- signaler les tentatives suspectes aux services compétents et, le cas échéant, déposer une plainte en cas de fraude.
| Éléments | Chiffres |
|---|---|
| Particuliers concernés | un peu plus de 350 000 |
| Professionnels concernés | environ 250 000 |
| Période des intrusions | juin et juillet |
| Début des courriels d'alerte | lundi 17 août |
La publication de cette liste de données par la DGFiP permet aux personnes concernées d'évaluer précisément leur exposition et d'adopter des mesures de vigilance adaptées face à des tentatives de fraude qui peuvent se révéler très ciblées.