Impôts

Le crédit d'impôt pour l’industrie verte prolongé jusqu’à fin 2028 : quel cadre, quels effets ?

La loi de finances pour 2026 étend le C3IV jusqu’au 31 décembre 2028. Le décret du 11 août 2026 et l’arrêté des 12 août fixent les modalités et la liste des activités éligibles ; Bercy avance des objectifs d'investissements et d'emplois assortis de coûts budgétaires précis.

Le crédit d'impôt pour l’industrie verte prolongé jusqu’à fin 2028 : quel cadre, quels effets ?
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Un dispositif prolongé pour soutenir la réindustrialisation « verte »

Le crédit d'impôt dédié aux investissements dans l'industrie verte, connu sous l'acronyme C3IV, a été prorogé par la loi de finances pour 2026 jusqu'au 31 décembre 2028. Le calendrier réglementaire a été précisé par la publication du décret n° 2026-763 au Journal officiel le 11 août 2026, suivi le lendemain d'un arrêté listant les activités éligibles.

Prise d'effet et validation européenne

Les nouvelles règles prennent effet au 27 mai 2026, date retenue par le décret. Elles interviennent après le feu vert de la Commission européenne rendu le 27 février 2026, condition nécessaire pour la mise en œuvre d'un avantage fiscal ciblant des investissements industriels.

Objectifs et périmètre : production plutôt qu'achat

Le mécanisme, créé en 2024, vise à favoriser l'implantation ou le renforcement d'unités de production nationales pour des technologies jugées stratégiques : batteries, solaire, éolien et pompes à chaleur. L'intention n'est pas d'encourager l'acquisition de matériels importés, mais bien la constitution de capacités de fabrication sur le sol français.

« La maîtrise et la production de ces technologies en France sont essentielles pour la souveraineté énergétique et l'avenir industriel du pays ».

Effets chiffrés avancés par Bercy

Le ministère de l'Économie a communiqué un bilan provisoire et des projections. Selon Bercy :

  • Environ 73 projets ont déjà bénéficié du crédit d'impôt, pour un montant cumulé estimé à 3,6 milliards d'euros (sous réserve de réalisation).
  • Ces projets devraient générer près de 22 milliards d'euros d'investissements industriels d'ici 2030.
  • La prolongation jusqu'à fin 2028 devrait permettre d'ajouter environ 40 projets, représentant près de 8 milliards d'euros d'investissements supplémentaires et environ 20 000 créations d'emplois directs.
  • Le coût budgétaire attendu de cette extension est évalué à 1,1 milliard d'euros.
IndicateurValeur
Projets soutenus (déjà)73
Crédit d'impôt engagé3,6 milliards €
Investissements projetés (jusqu'en 2030)22 milliards €
Projets supplémentaires estimés40
Investissements supplémentaires8 milliards €
Emplois directs créés (estimation)20 000
Coût budgétaire de la prolongation1,1 milliard €

Conséquences pratiques et limites

Pour les entreprises industrielles, la prolongation du C3IV prolonge un horizon d'incitation fiscale utile pour décider d'investissements longs et coûteux : usines de cellules de batteries, lignes d'assemblage de panneaux photovoltaïques ou unités de production de pompes à chaleur. Le dispositif met l'accent sur l'ancrage territorial, l'innovation et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, des critères désormais centraux pour l'éligibilité.

Cependant, les montants annoncés restent conditionnés à la réalisation effective des projets. Les sommes de crédit d'impôt citées par Bercy sont indiquées « sous réserve de leur réalisation », ce qui renvoie au risque classique de décalage entre annonces et déploiement effectif. Par ailleurs, l'effet de levier sur l'emploi et l'investissement dépendra de la traduction opérationnelle des projets soutenus et de l'attractivité concurrentielle des sites français.

Ce que doivent retenir les acteurs concernés

  • Le C3IV est disponible pour les investissements entrant dans les activités définies par l'arrêté paru en août 2026.
  • La prorogation court jusqu'au 31 décembre 2028, avec prise d'effet au 27 mai 2026.
  • Les entreprises portant des projets d'usines ou d'équipements de production relatifs aux filières ciblées peuvent s'appuyer sur ce dispositif pour améliorer la rentabilité de leurs investissements, sous réserve de respecter les conditions réglementaires.

En pratique, les opérateurs intéressés devront se référer au texte du décret et à l'arrêté précisant les activités éligibles afin d'évaluer l'admissibilité de leurs opérations et le calendrier des dépenses ouvrant droit au crédit. Les administrations concernées et Bercy restent les sources officielles pour les modalités d'application et les procédures de demande.

Julien Castel
Renseignement Économique — rubrique Impôts

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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