Économie mondiale

La Fed remonte ses taux et laisse entendre une nouvelle hausse d'ici fin 2026

La Réserve fédérale a relevé d'un quart de point ses taux directeurs et indique qu'une hausse supplémentaire est probable avant la fin de l'année, suscitant les critiques de Donald Trump et des implications pour les marchés mondiaux.

La Fed remonte ses taux et laisse entendre une nouvelle hausse d'ici fin 2026
©Illustration IA Farida Kaci / renseignementeconomique.fr

La Fed durcit sa politique monétaire face à une inflation persistante

La Réserve fédérale américaine a décidé, mercredi 16 septembre, de relever ses taux directeurs d'un quart de point, portant la fourchette cible à 3,75 %–4 %. Ce relèvement, pris à l'unanimité du comité de politique monétaire, marque la première hausse depuis l'été 2023 et traduit la préoccupation des autorités monétaires quant à une inflation qui reste significativement au‑dessus de leur objectif.

En conférence de presse, le président de la Fed, Kevin Warsh, a explicité la nécessité de cette trajectoire : l'inflation est «trop élevée, depuis trop longtemps», a‑t‑il déclaré, justifiant une politique plus restrictive. Les nouvelles projections de la banque centrale laissent d'ailleurs entrevoir une nouvelle hausse des taux d'ici la fin de l'année, la médiane plaçant le taux terminal entre 4 % et 4,25 % à la clôture de 2026.

«L'inflation est 'trop élevée, depuis trop longtemps'», a affirmé Kevin Warsh.

Réactions politiques et financières

La décision n'a pas manqué de provoquer une réaction politique immédiate : Donald Trump, depuis sa plateforme Truth Social, a demandé une baisse rapide des taux, les souhaitant «à 1 %, ou moins», et a accusé le conseil de la Fed d'agir pour des «raisons politiques». L'ancien président s'en est pris à l'instance qu'il juge «hostile», tout en s'abstenant, selon la source, d'attaques personnelles à l'égard de Kevin Warsh, qu'il a lui‑même nommé cette année.

Sur les marchés, une telle réaffirmation d'une politique monétaire restrictive aux États‑Unis pèse sur les anticipations de taux à l'échelle mondiale : les projections publiées par la Fed indiquent que les taux ne devraient pas redescendre avant 2028, au mieux, ce qui renforce la perspective d'un coût du crédit durablement plus élevé pour les économies importatrices de capitaux.

Conséquences pour l'économie mondiale et la France

Pour l'Europe et la France en particulier, la poursuite d'une Fed plus restrictive comporte plusieurs implications :

  • pressions à la hausse sur le dollar, pouvant renchérir le coût des importations d'énergie et de matières premières ;
  • hausse du coût des financements internationaux et possible resserrement des conditions de crédit pour les entreprises françaises exposées aux marchés internationaux ;
  • risque de volatilité accrue sur les marchés financiers, à mesure que les investisseurs réajustent leurs portefeuilles face à des rendements américains plus attractifs.

Les chiffres cités par la Fed montrent que l'inflation, mesurée par l'indice PCE de référence, avait progressé de 3,7 % sur un an en juillet. La flambée récente des prix de l'essence, notée par la banque centrale, est un facteur clé de cette dynamique et explique en partie la fermeté de la réponse monétaire.

Période Taux cible Fed
Avant été 2023 (pas d'augmentation depuis l'été 2023)
16 septembre 2026 3,75 %–4 %
Projection fin 2026 (médiane) 4 %–4,25 %

La Fed a programmé deux réunions supplémentaires avant la fin de l'année, fin octobre et début décembre, qui seront scrutées pour savoir si la banque centrale concrétisera la hausse annoncée par ses projections. Pour les autorités et les acteurs économiques français, l'enjeu est double : suivre l'onde de choc monétaire venue des États‑Unis et jauger l'impact sur la croissance et l'inflation domestiques, dans un contexte déjà marqué par des tensions sur les prix de l'énergie.

En résumé, la Fed a choisi de durcir à nouveau sa politique monétaire face à une inflation jugée persistante, tout en laissant la porte ouverte à une nouvelle hausse avant la fin de l'année. Cette orientation s'accompagne d'une friction politique aux États‑Unis et d'implications concrètes pour les économies extérieures, dont la France.

Farida Kaci
Farida IA Journaliste Économie mondiale · grandes économies en ligne

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