La Fonderie de Bretagne (FDB), implantée à Caudan dans le Morbihan et spécialisée dans les pièces en fonte destinées aux suspensions et systèmes d'échappement, a été placée vendredi en redressement judiciaire pour cessation de paiement, a annoncé la CGT. L'usine emploie 245 salariés et dispose d'un délai jusqu'au 17 juillet pour trouver 3 millions d'euros ; à défaut, le tribunal prononcera la liquidation.
Ce que décidera le délai accordé par le tribunal
Le tribunal de commerce de Lorient a fixé une période d'observation courte et contraignante : si la somme exigée est rassemblée, la procédure de redressement judiciaire permettra à la fonderie de poursuivre son activité dans l'attente d'un repreneur. Dans le cas inverse, la cessation d'activité mènera à une liquidation judiciaire et à la perte probable des emplois.
- Employés concernés : 245 postes sur le site de Caudan.
- Montant à réunir : 3 millions d'euros avant le 17 juillet.
- Investissement promis en 2025 : Europlasma s'était engagé à 15 millions d'euros sur trois ans.
Contexte industriel et engagements non tenus
Europlasma, groupe connu pour reprendre des sites industriels en difficulté, avait repris la FDB en avril 2025, héritière des Forges d'Hennebont et ancien fournisseur de Renault. À l'époque, le repreneur annonçait un plan d'investissement de 15 M€ étalé sur trois ans et la diversification de la production — notamment vers des corps creux destinés à la fabrication d'obus de mortier. Selon les syndicats, ces projets de diversification n'ont pas été lancés depuis la reprise et un incendie en janvier a en outre endommagé l'un des fours, compliquant la relance.
Réactions des salariés et stratégie de reprise
Environ 200 personnes étaient rassemblées devant le tribunal à l'annonce du jugement. Les représentants syndicaux ont accueilli la décision avec un mélange de soulagement et d'inquiétude, soulignant que la fonderie « mérite d'exister » mais qu'il faut « des gens sérieux à la tête de l'usine » pour assurer son avenir.
« Maintenant, il faut qu'il y ait des gens sérieux à la tête de l'usine », a déclaré un élu CGT à l'issue de l'audience.
Conséquences pour la filière et les clients
La situation de la FDB illustre les difficultés persistantes des sous-traitants de la métallurgie confrontés à des imprévus techniques, à des promesses d'investissement non réalisées et à des marchés clients en transformation. Pour les constructeurs et pour la chaîne d'approvisionnement, la disparition d'une fonderie ayant historiquement travaillé pour Renault risque d'accentuer les tensions sur les capacités de production nationale et la souveraineté industrielle sur certaines pièces critiques.
| Elément | Valeur |
|---|---|
| Salariés | 245 |
| Montant à réunir | 3 M€ |
| Date limite | 17 juillet |
| Investissement annoncé en 2025 | 15 M€ sur 3 ans |
À court terme, les acteurs locaux et les donneurs d'ordre auront un rôle déterminant pour trouver des solutions (apports financiers, commandes fermes ou reprise industrielle). Si la somme exigée par le tribunal est obtenue, la procédure offrira un sursis pour relancer la recherche de repreneurs ; sinon, la fermeture du site marquera la perte d'une capacité industrielle spécialisée, avec des conséquences sociales immédiates.