Paris sollicite Alger pour renforcer les approvisionnements énergétiques
La France a demandé à l'Algérie d'augmenter « au plus vite » ses livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), selon des informations publiées le 19 octobre par la plate-forme spécialisée Attaqa et relayées par plusieurs médias. Cette démarche s'inscrit dans un contexte de tensions sur les marchés de l'énergie et d'efforts diplomatiques visant à diversifier et sécuriser les sources d'approvisionnement avant la saison froide.
Des volumes de pétrole déjà en hausse vers la France
Les données citées montrent une progression sensible des exportations pétrolières algériennes vers l'Hexagone. En avril 2026, les livraisons maritimes algériennes à destination de la France ont atteint environ 138 000 barils par jour, contre 43 000 barils par jour un mois plus tôt. Sur un an, ces flux ont augmenté : 121 000 barils par jour en avril 2025, soit une hausse notable en avril 2026.
| Période | Exportations algériennes vers la France (b/j) |
|---|---|
| Mars 2026 | 43 000 |
| Avril 2025 | 121 000 |
| Avril 2026 | 138 000 |
| Moyenne Jan-Avr 2025 | 92 000 |
| Moyenne Jan-Avr 2026 | 95 000 |
GNL : des marges d'action plus limitées
Pour le GNL, la situation est plus contraignante. Sonatrach a des engagements contractuels qui fixent volumes et calendriers de livraison auprès d'autres clients. Une augmentation rapide des flux vers la France impliquerait soit une réorientation de cargaisons déjà programmées, soit des efforts de production supplémentaires, ce qui n'est pas toujours possible à court terme.
« au plus vite »
Enjeux pour la France : sécurité d'approvisionnement et prix
Demander davantage à l'Algérie répond à une logique pragmatique : anticiper la demande hivernale, limiter la volatilité des marchés et, indirectement, peser sur les prix domestiques de l'énergie. L'Algérie est déjà un fournisseur majeur : en avril 2026, la France représentait près de 15% des exportations pétrolières algériennes. Sur les quatre premiers mois de 2026, la moyenne des livraisons algériennes vers la France s'établissait à 95 000 barils par jour, contre 92 000 sur la même période en 2025.
Conséquences diplomatiques et limites opérationnelles
Cette sollicitation illustre aussi l'intensification des contacts diplomatiques autour de l'énergie : Paris multiplie les démarches, y compris auprès de pays du Golfe et d'autres fournisseurs, pour sécuriser des approvisionnements supplémentaires. Mais la marge de manœuvre reste variable selon les produits : le pétrole peut, à court terme, faire l'objet d'ajustements commerciaux plus aisés que le GNL, rendu rigide par des contrats à long terme et des contraintes logistiques (terminaux, navires méthaniers, créneaux de regazéification).
- Impact immédiat : réduire un risque d'approvisionnement avant l'hiver et atténuer la pression sur les prix spot.
- Limites : contraintes contractuelles sur le GNL et capacité de production algérienne à modifier rapidement ses flux.
- Voies complémentaires : accords avec d'autres pays fournisseurs et stratégies de stockage nationales.
Au-delà des chiffres ponctuels, cette demande montre la vulnérabilité persistante des approvisionnements européens et la nécessité, pour la France, de combiner réponses diplomatiques à court terme et renforcement des capacités stratégiques (stockage, diversification des fournisseurs, accélération des énergies décarbonées) pour diminuer sa dépendance aux fluctuations mondiales.