Impôts

La France perd des millionnaires en 2025 : combien, pourquoi et quelles conséquences fiscales

En 2025, la France affiche un solde net de -800 millionnaires, un mouvement concentré mais potentiellement lourd de conséquences pour l'investissement et l'assiette fiscale. Entre incertitudes politiques et mobilité des capitaux, quels impacts pour les recettes publiques ?

La France perd des millionnaires en 2025 : combien, pourquoi et quelles conséquences fiscales
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Un recul net des millionnaires en 2025, chiffre et contexte

Selon le Henley & Partners Wealth Migration Report pour 2025, la France a enregistré un solde négatif de 800 millionnaires. Ce chiffre signifie qu'à l'équilibre entre arrivées et départs, 800 personnes disposant d'un patrimoine supérieur à 1 million d'euros ont quitté le pays sur l'année.

La France reste toutefois riche en patrimoines

Il convient de relativiser ce mouvement : la France compte toujours environ 2,4 millions de personnes détenant au moins 1 million d'euros, d'après le UBS Global Wealth Report. Le départ de quelques centaines de contribuables fortunés ne modifie donc pas massivement le stock global de fortunes, mais il peut avoir des effets disproportionnés.

Montants transférés et impact potentiel

L'iFRAP estime que chaque millionnaire partant emportait en moyenne 5 millions d'euros d'actifs personnels en 2024, ce qui représenterait près de 4 milliards d'euros de capitaux sortis du pays pour l'année. Cette fuite de patrimoine peut peser sur l'investissement privé local, la création d'emplois et les recettes fiscales liées aux revenus du capital et aux activités entrepreneuriales de ces ménages.

IndicateurValeur
Solde net de millionnaires (2025)-800
Nombre de personnes > 1 M€ en France2,4 millions
Actifs moyens emportés par partant5 M€
Total estimé des capitaux sortis~4 Mds €

Pourquoi certains hauts patrimoines partent-ils ?

Il n'y a pas une seule explication. Le rapport mis en perspective par les économistes souligne plusieurs facteurs :

  • Instabilité politique : la France a connu une forte rotation gouvernementale récemment, avec six Premiers ministres en cinq ans, générant une incertitude accrue pour les acteurs économiques.
  • Inquiétudes sur la trajectoire budgétaire : des crises et des débats répétés sur les finances publiques rendent moins lisible l'avenir fiscal et social pour les contribuables fortunés.
  • Mobilité et arbitrage international : certains riches choisissent des juridictions offrant une combinaison plus attractive de fiscalité, stabilité et qualité de vie.

Conséquences pour les recettes fiscales et l'économie

Si le nombre de millionnaires partants reste marginal par rapport au stock total, leur départ peut toutefois peser de façon disproportionnée. Ces individus détiennent souvent des participations dans des entreprises, financent des projets et contribuent, par leurs dépenses et impôts, à l'économie locale. Une sortie de capitaux et de hauts revenus peut donc :

  • réduire les recettes liées à l'impôt sur le revenu et sur la fortune de certains patrimoines ;
  • affecter l'investissement privé, en particulier si des dirigeants ou investisseurs quittent leurs entreprises ;
  • accroître la volatilité fiscale et budgétaire si la base contributive se fragilise.

Une tendance limitée mais à surveiller avant 2027

Les experts soulignent que le phénomène reste contenu quantitativement, mais qu'il doit être observé attentivement. L'horizon électoral, notamment la perspective d'une élection présidentielle en avril 2027 et les débats politiques qui l'entourent, peuvent amplifier les mouvements de capitaux et les décisions d'expatriation des hauts patrimoines si l'incertitude demeure élevée.

En somme, la France n'est pas en train de perdre massivement ses grandes fortunes, mais la perte nette de 800 millionnaires en 2025 et les milliards quittant le pays sont des signaux non négligeables pour la politique fiscale et économique. Reste à voir comment les autorités et le monde de l'entreprise réagiront à ces tensions entre mobilité internationale des capitaux et nécessité de préserver une assiette fiscale solide.

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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