Un tournant : 2 milliards d'euros et une organisation ministérielle
Trois ans après son lancement, le dispositif Je choisis la French Tech gagne en ambition et en structure. L'État pousse désormais le mécanisme au cœur de l'administration : chaque ministère a nommé un correspondant dédié, chargé de mettre en lumière les offres des start-up et scale-up françaises auprès des acheteurs publics. Objectif affiché : transformer les pratiques d'achat pour faire de la commande publique un véritable levier de croissance et de souveraineté technologique.
Parallèlement à cette montée en puissance institutionnelle, les engagements financiers se concrétisent : les entreprises partenaires annoncent collectivement avoir dépassé la barre des 2 milliards d'euros d'achats ciblés vers les jeunes sociétés innovantes françaises. Ce chiffre traduit une bascule, du signal politique vers des commandes programmées.
Des grands groupes davantage impliqués
Le portefeuille d'entreprises engagées s'élargit avec l'arrivée de neuf nouveaux acteurs majeurs : Safran, Eutelsat, Atos, Bouygues Construction, Groupe Rocher, Fnac Darty, Crédit Agricole S.A., Groupama et Stellantis. Ils rejoignent 14 groupes déjà inscrits, portant à 23 le nombre total de grandes entreprises partenaires. Le périmètre couvre des secteurs variés — aéronautique, télécommunications, finance, distribution, construction — ce qui peut accélérer l'adoption de solutions industrielles et commerciales issues de l'écosystème français.
- Nombre de grandes entreprises engagées : 23
- Nouveaux entrants : 9 (listés ci-dessus)
- Engagement financier collectif : 2 milliards d'euros
Vers une déclinaison européenne : Choose European Tech
La montée en charge ne se limite pas aux frontières. Inspirée par le modèle français, une initiative baptisée Choose European Tech se met en place pour fédérer grands acheteurs privés, agences publiques et ministères à l'échelle du continent. Plusieurs pays sont déjà cités comme participants : Belgique, Allemagne, Bulgarie, Espagne, Portugal, République tchèque, Roumanie et Serbie. L'intention est de créer des communautés nationales qui mobilisent les écosystèmes locaux au profit d'une plus grande part de commande en faveur des start-up et scale-up européennes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Entreprises partenaires | 23 |
| Nouveaux grands groupes | 9 |
| Montant d'achats visé | 2 milliards d'euros |
Conséquences et interrogations
Ce basculement soulève plusieurs questions pratiques et économiques. D'une part, la transformation des pratiques d'achat dans les administrations suppose des capacités d'absorption : contrats, capacités de déploiement, conformité réglementaire et sécurité. D'autre part, l'engagement de grands groupes offre un débouché structurant pour les scale-up, mais il faudra suivre la nature et la temporalité des commandes (projets pilotes vs. contrats récurrents), ainsi que la répartition sectorielle des marchés.
Enfin, l'exportation du modèle à l'échelle européenne pourrait renforcer les opportunités cross-border pour les entreprises françaises, mais elle exige coordination et harmonisation entre acheteurs publics et privés de pays différents. Reste à voir si l'initiative Choose European Tech permettra aussi d'améliorer la visibilité et l'accès aux marchés pour les jeunes pousses hors des grands groupes impliqués.
Le programme entre aujourd'hui dans une phase d'application : la mesure de son effet réel reposera sur la publication des premiers marchés attribués et sur le suivi des impacts en termes d'emplois, de contrats et d'export.