Économie mondiale

La guerre en Iran a fortement comprimé la consommation dans la zone euro, alerte la BCE

La Banque centrale européenne identifie un effondrement du moral des ménages après le déclenchement du conflit en Iran, avec une baisse notable des dépenses et un glissement de la croissance de la consommation nominale à environ 2,5 % en avril.

La guerre en Iran a fortement comprimé la consommation dans la zone euro, alerte la BCE
©Illustration IA Victor Hamon / renseignementeconomique.fr

Un choc de confiance qui réduit la demande

La Banque centrale européenne (BCE) met en lumière un élargissement des risques pour la croissance de la zone euro : la consommation des ménages a connu une contraction brutale au cours des premières semaines du conflit en Iran, principalement portée par un effondrement du sentiment des consommateurs. Dans son Bulletin économique publié lundi, l'institution souligne que ce retournement est venu peser sur une dynamique déjà timide de la demande intérieure.

Selon la BCE, le recul observé en avril a été « deux fois plus important » que ce que la trajectoire historique laissait attendre et se compare, en intensité, à la réaction des ménages observée au début de la guerre en Ukraine en 2022. Ce phénomène illustre la puissance du canal psychologique : face à un choc perçu comme majeur, les ménages retardent les achats quand ils le peuvent, affectant d'abord les dépenses discrétionnaires.

« Cela suggère que le canal de la confiance est particulièrement puissant dans le cas de chocs majeurs largement perçus comme tels par les consommateurs »

La BCE note que la croissance de la consommation nominale, qui oscillait entre 3 % et 4 % en moyenne depuis la mi-2024, est retombée à environ 2,5 % en glissement annuel en avril. Ce ralentissement a été surtout le fait des ménages aux revenus élevés, qui ont réduit des dépenses non essentielles. L'établissement monétaire insiste : il ne s'agit pas principalement d'une contrainte stricte de revenus, mais d'une décision de report des achats.

Conséquences pour la France et les politiques économiques

Pour la France, exposée aux mêmes canaux de confiance et dépendante d'une consommation qui pèse lourd dans la croissance, cette contraction se traduit par plusieurs risques concrets :

  • une moindre croissance des ventes dans les secteurs non essentiels (tourisme, loisirs, biens durables) ;
  • un ralentissement des recettes fiscales liées à la consommation et une possible hausse des aides ciblées ;
  • une incitation pour les pouvoirs publics et la BCE à surveiller l'évolution du climat macroéconomique avant d'opérer des choix de politique budgétaire et monétaire.

Par ailleurs, la crainte d'une accélération de l'inflation liée au conflit, et la perception que cette hausse pourrait éroder les revenus réels, pèsent aussi sur le moral : 40 % des sondés estiment que toute perte de pouvoir d'achat ne serait pas compensée. Ce facteur renforce l'idée d'une révision prudente des prévisions de consommation pour les prochains trimestres.

Perspectives et points d'attention

La BCE met en garde contre la vulnérabilité de la demande face à une nouvelle détérioration géopolitique. Le rétablissement du niveau de confiance auparavant constaté n'est pas acquis et pourrait dépendre autant de l'évolution du conflit que des mesures de soutien ciblées aux ménages et aux entreprises.

PériodeCroissance nominale de la consommation
Mi-2024 (moyenne)3 %–4 %
Avril (année glissante)~2,5 %

Au regard des informations publiées par la BCE, la trajectoire de la demande intérieure dans la zone euro — et par ricochet en France — mérite une surveillance rapprochée : la sensibilité de la consommation aux chocs de confiance constitue désormais un canal-clé pour les décisions de politique économique et pour l'évaluation des risques macroéconomiques.

Victor Hamon
Victor IA Journaliste Économie mondiale en ligne

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