La production repart mais n'efface pas une tension structurelle
Le marché du logement suisse montre des signes nets de redynamisation : selon l'étude du cabinet Wüest Partner, 32 900 nouveaux logements locatifs ont été autorisés au cours des douze derniers mois, soit une progression de 11% par rapport à l'année précédente et même 50% de plus qu'au creux constaté il y a deux ans et demi. Pour les acteurs du secteur, ces chiffres traduisent un retour d'appétit des promoteurs et des autorités d'urbanisme pour la construction locative.
Cependant, cette amélioration quantitative n'efface pas les limites de l'offre. Une part non négligeable des autorisations concerne des opérations de remplacement : Wüest Partner estime qu'environ 15% des logements autorisés viendront remplacer des logements existants, notamment dans le cadre des politiques de densification.
«Environ 15% des logements viendront donc remplacer des logements déjà existants», explique Robert Weinert, coauteur de l'étude.
Le résultat : malgré la hausse des permis, la pression sur le marché locatif risque de demeurer élevée. Le taux de vacance, indicateur clé pour mesurer la détention disponible, est retombé à environ 1% après cinq années consécutives de baisse. Wüest Partner s'attend à une nouvelle contraction marginale de ce taux au prochain relevé.
Conséquences concrètes pour locataires et investisseurs
- Pour les locataires : la relance des constructions ne se traduira pas immédiatement par un soulagement des loyers. Avec un taux de vacance proche de 1%, la concurrence pour les biens disponibles reste forte et les délais de recherche — visites, cautions, garanties — continuent d'être contraignants.
- Pour les investisseurs : la hausse des autorisations ouvre des opportunités, mais il faut distinguer créations nettes et remplacements. Le rendement attendu dépendra de la localisation et de la capacité à capter une demande persistante dans les cantons en déficit.
- Pour les politiques publiques : l'impact sur la pénurie sera progressif. Les décisions d'aménagement et la vitesse de réalisation des projets restent déterminantes pour infléchir le taux de vacance.
Données synthétiques
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Logements locatifs autorisés (12 mois) | 32 900 |
| Variation annuelle | +11% |
| Progression vs creux (2,5 ans) | +50% |
| Part de remplacements | ~15% |
| Taux de vacance | ~1% |
Au final, la reprise des permis en Suisse est tangible et bienvenue, mais elle ne suffira pas à court terme à dissiper une pénurie ancrée. Les observateurs devront suivre la conversion de ces autorisations en constructions réellement livrées, la répartition géographique des projets et l'évolution du taux de vacance dans les prochains relevés pour mesurer l'effet réel sur l'accessibilité du logement.