Un déficit élevé malgré des exportations record
Le budget fédéral de la Russie a enregistré un déficit de 5 730 milliards de roubles au cours des six premiers mois de 2026, soit l'équivalent d'environ 75 milliards de dollars et représentant 2,5 % du PIB. Ce creusement constitue un renversement notable par rapport aux exercices précédents et reflète deux tendances conjoncturelles opposées : des volumes d'exportation pétrolière exceptionnellement élevés, mais des recettes fiscales en nette baisse à cause d'un niveau de prix bas.
Les recettes pétrolières s'effondrent
Les revenus issus du pétrole et du gaz se sont établis à 3 660 milliards de roubles sur le semestre, contre 4 700 milliards en 2025 et 5 700 milliards en 2024 pour la même période. Ainsi, malgré une hausse des expéditions de brut, la chute du prix de l'ouroli (autre référence régionale) pèse lourdement sur les rentrées budgétaires.
Volumes exportés au plus haut, mais prix trop bas
Les exportations maritimes de pétrole ont atteint un rythme inédit depuis février 2022, à 4,13 millions de barils par jour fin juin. Néanmoins, avec un baril d'Oural retombé vers 42 dollars, l'effet volume ne compense plus la baisse des cours, creusant l'écart entre recettes et besoins de financement.
Une dépense publique en forte hausse
Parallèlement, les dépenses fédérales ont progressé de 16,1 % en glissement annuel, pour s'établir à 24 350 milliards de roubles sur le semestre. Cette augmentation, que le ministère des Finances lie en partie à des charges liées à la sécurité et à la défense, accentue la pression sur les comptes publics et explique que le déficit cumulé dépasse de 2 350 milliards de roubles celui de la même période en 2025.
- Déficit semestriel : 5 730 milliards de roubles (75 milliards $), 2,5 % du PIB.
- Recettes pétrolières : 3 660 milliards de roubles (en baisse par rapport à 2025 et 2024).
- Dépenses fédérales : 24 350 milliards de roubles, +16,1 % sur un an.
Conséquences et enjeux
Un déficit de cette ampleur pèse sur la capacité du Kremlin à financer durablement ses programmes — civils comme militaires — sans recourir massivement à l'endettement ou à des mesures de soutien exceptionnelles. À court terme, la situation peut alimenter la volatilité des marchés des changes et des obligations russes ; à moyen terme, elle oblige Moscou à composer entre stabiliser les dépenses et rechercher des sources de recettes alternatives. Pour les partenaires économiques, la combinaison d'exportations élevées et de faibles prix montre que les tensions internationales sur l'offre n'entraînent pas mécaniquement un regain durable des recettes pétrolières.
| Période | Recettes pétrolières (milliards de roubles) |
|---|---|
| 2024 (semestre) | 5 700 |
| 2025 (semestre) | 4 700 |
| 2026 (semestre) | 3 660 |
Cette évolution budgétaire mérite un suivi attentif : elle témoigne d'une économie encore fortement exposée aux aléas des marchés énergétiques et dont les priorités de dépenses récentes amplifient la vulnérabilité financière.