Des perspectives contrastées pour le Caucase et l’Asie centrale
Le Fonds monétaire international (FMI), repris par APA-Economics, a publié des ajustements sensibles de ses prévisions pour la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Selon ces projections actualisées, la croissance régionale devrait chuter à 0,7 % en 2026 avant de rebondir fortement à 6,5 % en 2027. Ces révisions traduisent des anticipations plus pessimistes à court terme, suivies d’un redressement attendu l’année suivante.
Le rapport met l’accent sur l’impact des perturbations des exportations énergétiques — et en particulier des conséquences de la fermeture prolongée du détroit d’Hormuz qui a été intégrée aux nouvelles hypothèses. Le FMI considère que ce facteur contribue à une contraction en 2026 pour plusieurs exportateurs de matières premières, puis à un rebond marqué en 2027 lorsque le trafic et la production devraient se normaliser.
Gagnants et perdants selon le FMI
- Les pays exportateurs d’énergie les plus exposés — comme l’Irak, le Koweït et le Qatar — subiraient une contraction en 2026, suivie d’une croissance à deux chiffres en 2027.
- L’Arabie saoudite est estimée moins affectée, grâce à des itinéraires d’exportation plus diversifiés, avec une croissance prévue à 1,7 % en 2026 puis 5,5 % en 2027.
- L’Iran voit sa prévision de 2026 améliorée de 0,7 point par rapport à avril, pour atteindre -5,4 %, en partie en raison d’un meilleur flux d’exportations pétrolières et d’un assouplissement de restrictions sur ses ventes internationales.
Conséquences pour l’économie mondiale et la France
Ces mouvements ont des implications palpables pour l’économie mondiale et pour la France : d’abord par le canal des prix de l’énergie — une contraction de l’activité chez des exportateurs majeurs peut réduire l’offre mondiale à court terme, tendant à soutenir les prix. Ensuite, les révisions montrent la sensibilité des prévisions macroéconomiques aux risques géopolitiques et logistiques, ce qui complique la gestion des politiques publiques et des entreprises exposées aux chaînes d’approvisionnement énergétiques.
Enfin, le FMI souligne la résilience relative des pays importateurs d’énergie situés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui devraient tenir malgré la pression sur les coûts de l’énergie et des denrées alimentaires. Ces signaux rappellent que les trajectoires de croissance peuvent varier fortement d’un pays à l’autre au sein d’une même sous-région.
Tableau synthétique des prévisions citées
| Période | Région / Pays | Prévision |
|---|---|---|
| 2026 | Moyen-Orient & Asie centrale | 0,7 % |
| 2027 | Moyen-Orient & Asie centrale | 6,5 % |
| 2026 | Arabie saoudite | 1,7 % |
| 2027 | Arabie saoudite | 5,5 % |
| 2026 | Iran | -5,4 % (révision +0,7 pt depuis avril) |
Ces éléments proviennent des prévisions économiques mondiales actualisées relayées par APA-Economics et compilées par le FMI. Ils soulignent la volatilité induite par des facteurs géopolitiques et logistiques sur des marchés énergétiques cruciaux, dont dépend une part significative de l’économie mondiale et des échanges commerciaux de la France.
La lecture nationale doit garder en tête que, même si la France n’appartient pas à cette zone, les effets indirects sur les prix de l’énergie, la balance commerciale et l’inflation importée peuvent se matérialiser rapidement, imposant vigilance aux autorités économiques et aux entreprises exportatrices.