Le Liban martèle son engagement en vue d’un programme du FMI
Le Premier ministre Nawaf Salam a réaffirmé mardi au Grand Sérail la volonté du Liban d’aboutir à un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), jugeant cet accord indispensable pour « rétablir la confiance de la communauté internationale » et débloquer les financements dont le pays a besoin. La déclaration s’est faite lors d’une réunion avec des ambassadeurs et hauts représentants de l’Union européenne ainsi que de plusieurs pays partenaires, indique Le Jour.
Le chef du gouvernement a rappelé que la conclusion d’un tel programme figurait déjà dans la déclaration ministérielle de février 2025. Il a toutefois reconnu que les discussions restaient entravées par des points litigieux, notamment autour de la résolution bancaire — une étape clef pour satisfaire les exigences du FMI.
« Ce programme n’est pas seulement un objectif en soi, mais constitue une étape essentielle pour rétablir la confiance de la communauté internationale envers le Liban et ouvrir la voie aux sources de financement internationales dont le pays a cruellement besoin »
Lois en attente: Gap Law et résolution bancaire
Le Premier ministre a indiqué que le gouvernement avait soumis au Parlement le projet dit de treatment du déficit financier et rétablissement de la régularité financière — connu sous l’appellation « Gap Law » — qui répartit plusieurs dizaines de milliards de dollars de pertes. Selon le communiqué, le gouvernement se dit disposé à améliorer le texte au fur et à mesure de son examen parlementaire.
Sur la résolution bancaire, Salam a exprimé l’espoir que le Parlement statue prochainement sur les amendements déjà transmis. Il a précisé que le gouvernement participerait activement aux travaux des commissions parlementaires pour proposer des ajustements si nécessaire.
Acteurs internationaux présents et message politique
La réunion a rassemblé des représentants de l’Union européenne ainsi que des délégations du Royaume-Uni, de la Suisse, de la Norvège, du Canada et de l’Australie. L’ambassadrice de l’UE au Liban, Sandra De Waele, a qualifié la rencontre de productive, soulignant l’importance de deux réformes financières prioritaires — la loi sur la résolution bancaire et la Gap Law — pour avancer vers un accord préliminaire avec le FMI.
- Confirmation de l’objectif : programme FMI inscrit dans la déclaration ministérielle de février 2025.
- Textes en attente : Gap Law (répartition des pertes) et projet de résolution bancaire.
- Engagement gouvernemental : présence active lors de l’examen parlementaire et ouverture aux améliorations.
Enjeux pour la reprise économique
Un accord avec le FMI constitue une condition sine qua non pour que la communauté internationale renouvelle son soutien macro-financier au Liban et pour restaurer l’accès aux financements externes. Le message du Premier ministre vise à rassurer les partenaires occidentaux sur la détermination de Beyrouth à mener les réformes requises, alors que la lenteur des procédures parlementaires et les tensions internes restent des facteurs de risque pour la mise en œuvre des mesures.
| Pouvoir | Attente |
|---|---|
| Gouvernement | Accompagner le Parlement, améliorer les textes |
| Parlement | Examiner la Gap Law et la résolution bancaire |
| FMI & partenaires | Obtenir des garanties législatives et institutionnelles |
La portée de ces décisions dépasse le cadre interne : obtenir un accord avec le FMI conditionne la confiance des investisseurs et la capacité du Liban à stabiliser ses finances. La promesse d’un dialogue soutenu entre l’exécutif et le Parlement est donc un signal destiné aux bailleurs extérieurs, dont dépend une part cruciale du redressement économique du pays.