Le FMI salue la sortie de l'Algérie de la liste grise
Le Fonds monétaire international a salué la décision du Groupe d'action financière (GAFI) de retirer l'Algérie de sa liste grise le 19 juin 2026, reconnaissance d'un renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Dans le rapport de la mission conduite lors des consultations au titre de l'article IV, le chef de mission, Charalambos Tsangarides, a relevé les progrès accomplis et encouragé la poursuite des réformes.
« La mission salue le retrait de l’Algérie de la liste grise en matière de LBC/FT, qu’elle considère comme une réalisation importante, reflétant une forte volonté et de la poursuite des efforts de réforme. La mission encourage les autorités à poursuivre l’effort de réforme. »
Les consultations de la mission du FMI se sont déroulées entre le 16 et le 30 juin 2026. L'Algérie avait été inscrite sur la liste grise en octobre 2024 ; son retrait intervient après une série de mesures et d'amendements réglementaires visant à renforcer la prévention et la lutte contre les risques financiers.
Ce que signifie la sortie de la liste grise
Le retrait du GAFI constitue un signal positif pour les partenaires internationaux et les marchés : il atteste d'une amélioration des cadres de conformité financière et réduit la stigmatisation qui pèse sur les flux financiers transfrontaliers. Pour les institutions et les entreprises, cela peut se traduire par :
- une réduction des coûts et des frictions liés aux contrôles accrus sur les transactions internationales ;
- une amélioration de l'accès aux services bancaires et aux correspondances financières étrangères ;
- un climat plus favorable aux investissements étrangers et aux partenariats bancaires transfrontaliers.
Une victoire fragile : l'appel à poursuivre les réformes
Si le FMI qualifie cette étape de « réalisation importante », il insiste sur la nécessité de prolonger l'effort. Le rapport souligne que le retrait consolide la confiance de la communauté internationale dans la résilience du système financier algérien, mais ne signifie pas l'achèvement du chantier. Les autorités sont invitées à maintenir l'intensité des réformes pour garantir l'application effective des nouvelles règles et la pérennité des progrès.
| Étape | Date |
|---|---|
| Inscription sur la liste grise du GAFI | Octobre 2024 |
| Consultations FMI (article IV) | 16-30 juin 2026 |
| Retrait de la liste grise | 19 juin 2026 |
Enjeux pour la France et la région
Pour la France et l'Union européenne, la normalisation des échanges financiers avec l'Algérie est porteuse d'effets concrets : diminution des coûts de conformité pour les banques françaises opérant en lien avec Alger, facilitation des opérations commerciales et renforcement de la coopération sécuritaire et financière. À court terme, les institutions européennes et les établissements bancaires continueront toutefois d'évaluer la mise en œuvre effective des nouvelles mesures algériennes avant d'assouplir complètement leurs pratiques de vigilance.
Enfin, sur le plan politique, Alger met en avant la décision comme une victoire diplomatique — le président a remercié le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque d'Algérie et les acteurs du secteur financier pour leurs efforts. L'issue marque une étape importante, mais la crédibilité durable dépendra de la capacité des autorités algériennes à traduire les réformes sur le papier en contrôles opérationnels robustes.
Le FMI demeure attentif et recommande la poursuite des réformes pour transformer ce succès en ancrage durable de la conformité et de la confiance internationale.