Un record d'encours et une dynamique de diversification
Le patrimoine financier des ménages marocains a franchi un nouveau palier en 2025, s'établissant à 1 192 milliards de dirhams (MMDH), soit une hausse annuelle de 7,5 %. Ce constat figure dans le rapport conjoint publié par Bank Al‑Maghrib, l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Si la progression concerne l'ensemble des composantes du patrimoine, l'étude met en lumière une tendance nette : la richesse financière des ménages se consolide tout en se réorientant progressivement vers des placements exposés au risque de marché.
Les dépôts toujours majoritaires, mais la part diminue
Les dépôts bancaires restent la composante principale du patrimoine financier des ménages, totalisant 935 MMDH à fin 2025, en hausse de 4,5 % par rapport à 2024. Malgré cette progression, leur rythme d'accroissement ralentit (7,5 % en 2024) et leur part relative dans l'ensemble du patrimoine reflète une diversification en cours. Les banques participatives, segment encore récent, voient leurs dépôts croître rapidement : ils atteignent 13 MMDH, en hausse de 13,4 %, confirmant l'essor de cette offre depuis son lancement en 2019.
- Dépôts à vue : 658 MMDH, +6,6 % ; leur poids dans les dépôts grimpe à environ 70 %.
- Comptes d'épargne : 190 MMDH, +2,6 %.
- Dépôts à terme : tendance baissière persistante, avec un encours ramené à 77 MMDH en 2025 (contre 103 MMDH en 2016).
Recul des dépôts à terme et basculement vers l'épargne liquide ou risquée
La baisse continue des dépôts à terme — qui ont chuté de près de 25 % entre 2016 et 2025 — illustre une préférence accrue pour la liquidité (dépôts à vue) et, désormais, pour des actifs offrant un rendement potentiellement supérieur mais soumis à des fluctuations. Cette évolution reflète aussi le contexte de marché et les arbitrages des ménages face aux faibles rémunérations longues des produits de taux.
Une envolée des placements en Bourse
Parallèlement, le rapport souligne une accélération marquée des placements en actions : les investissements en bourse ont connu une progression spectaculaire en 2025, avec une hausse de l'ordre de 40 % selon le titre du rapport. Ce mouvement traduit une appétence croissante pour les produits exposés aux marchés financiers, contribuant à modifier la structure du patrimoine financier des ménages.
Conséquences et enjeux pour les épargnants
La diversification vers les marchés comporte plusieurs implications pour les ménages et les autorités :
- pour les ménages, un potentiel de rendement plus élevé mais une exposition accrue à la volatilité ;
- pour les régulateurs et les institutions financières, la nécessité de renforcer l'information et la protection des épargnants face à des placements plus risqués ;
- pour l'économie, un élargissement des sources de financement directes via les marchés, qui peut soutenir le développement des entreprises locales.
Chiffres clés
| Poste | Encours (MMDH) | Variation 2025 vs 2024 |
|---|---|---|
| Patrimoine financier total | 1 192 | +7,5 % |
| Dépôts bancaires | 935 | +4,5 % |
| Dépôts à vue | 658 | +6,6 % |
| Comptes d'épargne | 190 | +2,6 % |
| Dépôts à terme | 77 | Recul depuis 2016 (103 → 77) |
| Dépôts banques participatives | 13 | +13,4 % |
Ce glissement vers des placements financiers plus risqués rappelle que la structure de l'épargne n'est pas figée : selon le contexte macroéconomique, les rendements relatifs et l'offre financière, les ménages ajustent leurs portefeuilles. Pour les observateurs et les acteurs du marché, la question sera désormais de savoir si cette tendance se traduit par une augmentation durable de l'investissement en actions ou s'il s'agit d'un mouvement conjoncturel lié à l'année 2025.