Analyse des dépenses publicitaires des partis sur Meta avant les législatives
Les données publiques de la Bibliothèque publicitaire de Meta permettent de mesurer, entre le 25 juin et le 22 septembre 2026, l'effort numérique consenti par les formations politiques en vue des législatives. Sur cette fenêtre de 90 jours, neuf partis et plusieurs pages liées ont engagé au total 290 793 dollars en publicité sur les plateformes du groupe.
Deux tendances se détachent nettement : d'une part, une concentration des dépenses autour d'une formation ; d'autre part, des stratégies divergentes entre volume d'annonces et montant dépensé par annonce.
Un leadership financier très marqué du RNI
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) arrive en tête avec 189 384 dollars investis, répartis sur 936 publicités et trois pages. La page principale du mouvement est la plus active, totalisant 176 664 dollars pour 873 publicités. Deux pages affiliées complètent ce total : Programme RNI (11 762 $ pour 31 annonces) et la page de Mohamed Chaouki (958 $ pour 32 annonces).
Cette concentration se traduit également par un montant moyen par publicité élevé pour le RNI : environ 202 dollars par annonce, niveau qui indique soit des campagnes ciblées sur des audiences précises et/ou des formats plus coûteux.
Volume élevé chez le PAM mais faible coût unitaire
À l'opposé, le Parti authenticité et modernité (PAM) a dépensé 61 343 dollars mais pour un volume record de 1 769 publicités, soit le nombre le plus élevé enregistré. Là encore, on peut distinguer plusieurs sources de diffusion : la page du parti (32 087 $ pour 886 publicités), la page de Fatima Ezzahra El Mansouri (20 506 $ pour 663 publicités) et celle de Mehdi Bensaid (8 750 $ pour 220 publicités).
Le contraste s'affiche dans le coût moyen : environ 35 dollars par publicité pour le PAM, soit près de six fois moins que le RNI. Ce différentiel suggère des approches opposées — amplification par volume versus ciblage et intensité par annonce — avec des implications distinctes sur la visibilité et l'impact potentiel.
Classement et informations complémentaires
Les autres formations présentent des niveaux d'investissement plus modestes :
- Parti de l'Istiqlal (PI) : 21 256 $ pour 225 publicités.
- Union socialiste des forces populaires (USFP) : 11 892 $ pour 114 publicités, incluant 1 081 $ pour 11 publicités sur la page de Driss Lachguar.
- Parti du progrès et du socialisme (PPS) : 5 638 $ pour 214 publicités.
- D'autres partis affichent des montants nettement plus faibles : la Fédération de la gauche démocratique (FGD) 926 $ pour 99 publicités, et le Parti socialiste unifié (PSU) 219 $.
| Parti | Dépenses (USD) | Nombre de publicités |
|---|---|---|
| RNI | 189 384 | 936 |
| PAM | 61 343 | 1 769 |
| PI | 21 256 | 225 |
| USFP | 11 892 | 114 |
| PPS | 5 638 | 214 |
Enjeux et conséquences pour la communication politique
Ces chiffres, issus de la Bibliothèque publicitaire de Meta, matérialisent une stratégie de communication numérique devenue centrale dans les campagnes modernes. Le RNI a fait le choix d'un investissement financier élevé par annonce, probablement pour maximiser l'intensité auprès de segments ciblés et améliorer la fréquence de contact. Le PAM, en privilégiant le volume, mise sur l'étendue et la répétition à moindre coût par placement.
Ces options renvoient à des arbitrages budgétaires : ciblage et formats premium ou large couverture à moindre coût unitaire. À court terme, l'efficacité réelle dépendra du ciblage, de la qualité des créatives et des objectifs (mobilisation, image, persuasion). À moyen terme, ces données invitent à interroger l'optimisation des dépenses électorales en ligne et la transparence des pages liées aux personnalités politiques.
La comparaison entre montant total, nombre d'annonces et coût moyen par publicité offre une grille de lecture pragmatique des priorités stratégiques — donnée utile pour comprendre qui a investi, combien et avec quelle logique dans la campagne numérique précédant les législatives.