Une hausse notable du taux d’absentéisme en 2025
Selon l’observatoire d’Apicil, organisé avec le cabinet conseil JLO, le taux d’absentéisme dans les entreprises françaises a atteint 4,68 % en 2025, soit une progression de +0,27 point par rapport à 2024. Ce niveau dépasse le record précédemment observé en 2022 et interroge sur l’évolution des conditions de travail, la santé des salariés et le coût pour les employeurs et la protection sociale.
Ce qui pousse la hausse : arrêts longs et micro‑absentéisme
Apicil attribue principalement cette augmentation à la montée des arrêts de plus de 90 jours. Mais l’étude pointe aussi une dynamique à la fois différente et tout aussi préoccupante : la progression du micro‑absentéisme (arrêts de moins de trois jours), désormais responsable d’environ un arrêt de travail sur quatre. Ces courtes absences gagnent du terrain et cristallisent le débat public — notamment autour des propositions patronales visant à limiter le remboursement de ces courtes durées.
« Cette hausse provient essentiellement de l’augmentation de la part des arrêts de plus de 90 jours »
Durées, motifs et profils des salariés les plus touchés
La durée moyenne des arrêts recule légèrement à 19,45 jours (-0,40 jour). Toutefois, 27,68 % des salariés ont eu au moins un arrêt dans l’année (+0,70 point), avec une moyenne de 1,90 arrêt par salarié absent. Le motif dominant demeure la maladie, représentant 90,03 % des arrêts.
- Arrêts longs (>30 jours) : plus de 73 % du taux d’absentéisme.
- Arrêts >90 jours : représentent plus de 50 % du taux d’absentéisme.
- Causes des arrêts longs : 42,75 % liés à des troubles psychiques et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques.
Des inégalités fortes selon les profils et les secteurs
L’absentéisme n’affecte pas tout le monde de la même manière. Les ouvriers enregistrent un taux d’absentéisme de 6,52 % contre 2,52 % pour les cadres. Les seniors sont plus touchés (5,92 %) que les moins de 30 ans (3,54 %), et les femmes affichent un taux supérieur à celui des hommes (5,60 % vs 3,76 %). Le contrat influe aussi : 4,97 % pour les CDI contre 1,99 % pour les CDD.
Secteurs particulièrement affectés
Trois secteurs ressortent : la santé, l’économie sociale, et l’alimentaire/agricole. Le secteur de la santé reste en tête avec un taux d’absentéisme à 7,22 %, suivi par l’économie sociale (6,28 %) et la filière alimentaire et agricole (5,95 %).
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux d’absentéisme global (2025) | 4,68 % |
| Durée moyenne d’arrêt | 19,45 jours |
| Part des salariés avec ≥1 arrêt | 27,68 % |
Conséquences et enjeux pour les entreprises et les salariés
Ces chiffres ont des répercussions concrètes : charge organisationnelle accrue, difficulté de maintien des services dans les secteurs déjà fragiles — notamment la santé — et pression sur les coûts pour la protection sociale et les entreprises. Pour les salariés, la progression des arrêts longs, souvent liée aux troubles psychiques et musculosquelettiques, met en lumière des problèmes de santé au travail qui nécessitent des réponses médicales, managériales et parfois structurelles.
Politiques publiques, partenaires sociaux et entreprises vont devoir composer avec deux dynamiques opposées : la montée des arrêts de longue durée, coûteuse et complexe à gérer, et la banalisation des courtes absences, qui questionne les pratiques managériales, la prévention et les dispositifs d’indemnisation.