Une hausse liée à l'inflation et aux taux courts
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a officialisé ce mercredi 15 juillet la remontée du taux du Livret A à 1,7% à compter du 1er août 2026. Le gouvernement a suivi la recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Cette décision met fin à la trajectoire baissière entamée le 1er février 2025, lorsque le rendement du Livret A avait été abaissé de 3,0% à 1,5%.
Pourquoi ce relèvement maintenant ?
Deux facteurs principaux expliquent ce mouvement : le relance de l'inflation observée depuis mars 2026 et la hausse du taux €STR en juin. La formule qui sert de base au calcul du taux réglementé associe la progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac (IPC hors tabac) et les taux de court terme. Ici, la moyenne semestrielle de ces paramètres a conduit à un résultat de +0,2 point par rapport à 1,5%.
Ce que cela rapporte concrètement
Le gain pour un épargnant dépend naturellement de l'encours détenu sur son Livret A. D'après les chiffres publiés :
- Encours moyen : 7 800 € — intérêts annuels passent de 117 € à 132,60 € (+15,60 € par an).
- Plafond réglementaire : 22 950 € — intérêts annuels passent de 344,50 € à 390,15 € (+45,65 € par an).
- Gain attendu pour le reste de l'année 2026 sur l'encours moyen : environ 6,50 € supplémentaire sur cinq mois; pour un plafond atteint, supplément de 18,79 € d'ici fin 2026.
Le poids du Livret A dans l'épargne des Français
Le Livret A reste le produit d'épargne le plus diffusé : 58 millions de titulaires en 2024 et un encours qui s'élevait à 444 milliards d'euros fin mai 2026. En comparaison, l'assurance‑vie conserve une place dominante avec un encours de 2 162 milliards d'euros à la même date, illustrant la dualité entre liquidité réglementée et placements plus long terme.
Des limites à la portée de cette hausse
Si ce relèvement corrige en partie la perte de pouvoir d'achat liée à la période où le taux du Livret A était inférieur à l'inflation, il reste modeste : le nouveau taux demeure légèrement inférieur au taux d'inflation communiqué récemment (inflation ≈ 1,8% selon les sources). Le gouvernement a donc choisi d'appliquer la formule de calcul plutôt que d'accorder un « coup de pouce » supplémentaire aux titulaires.
Effets et arbitrages pour les épargnants
Concrètement, le Livret A redevient un placement qui limite l'érosion monétaire pour de faibles et moyens montants, tout en restant très liquide et totalement défiscalisé. Pour des encours plus élevés, les épargnants devront arbitrer entre la simplicité et la sécurité du Livret A et des placements potentiellement plus rémunérateurs (produits bancaires, obligations, assurance‑vie, placements structurés), qui entraînent cependant des risques, une moindre disponibilité ou une fiscalité différente.
Tableau comparatif : quelques repères
| Indicateur | Avant 01/08/2026 | Après 01/08/2026 |
|---|---|---|
| Taux du Livret A | 1,5% | 1,7% |
| Intérêts sur encours moyen (7 800 €) | 117 € | 132,60 € |
| Intérêts sur plafond (22 950 €) | 344,50 € | 390,15 € |
| Encours total (mai 2026) | 444 milliards € | |
La décision souligne la sensibilité des taux réglementés aux données macroéconomiques et à la logique de protection du pouvoir d'achat des ménages. Pour les pouvoirs publics, il s'agit d'un ajustement technique qui envoie toutefois un signal politique : maintenir une rémunération minimale et liquide pour une vaste majorité d'épargnants, sans pour autant modifier en profondeur les trajectoires d'épargne longue portées par l'assurance‑vie ou d'autres placements.