La Banque de France a proposé au gouvernement, mercredi 15 juillet, d'augmenter le taux du Livret A de 1,5 % à 1,7 %. Cette recommandation, issue de la formule réglementaire qui combine l'évolution de l'inflation hors tabac et des taux courts (€STR) sur les six derniers mois, rétablit partiellement le rendement du produit après la baisse effective au 1er février 2026.
Pourquoi 1,7 % ?
La hausse proposée résulte des paramètres publiés par l'institution : une inflation moyenne hors tabac de 1,52 % et des €STR moyens à 1,95 %. En appliquant la formule qui lie ces deux composantes, la Banque de France obtient un niveau qui conduit à recommander 1,7 %. L'institution souligne que ce taux resterait «
au‑dessus du niveau de l’inflation moyen observé sur les six derniers mois».
Conséquences pour les épargnants et les flux
Le Livret A demeure le placement préféré des Français, avec environ 58 millions de comptes ouverts. La décision de remonter le taux vise à contenir les sorties d'épargne observées après la baisse de février, qui avait provoqué une nette augmentation des retraits. Un relèvement à 1,7 % devrait freiner les mouvements de fonds vers d'autres placements et limiter la perte d'attractivité du produit.
Le LEP : maintien recommandé malgré une formule plus basse
Sur le Livret d'épargne populaire (LEP), la Banque de France conseille de conserver le taux à 2,5 %. L'application stricte de la même formule conduirait toutefois à un taux de 2,2 %. L'institution motive ce choix par la nécessité de préserver l'attractivité du LEP, destiné aux ménages modestes : aujourd'hui plus de 12 millions de personnes détiennent ce produit, contre 7 millions en 2020.
- Taux proposés : Livret A 1,7 % ; LEP maintenu à 2,5 %.
- Paramètres de calcul : inflation hors tabac 1,52 % ; €STR 1,95 %.
- Impact potentiel : limitation des retraits massifs observés après la baisse de février, stabilisation de l'épargne réglementée.
| Produit | Taux actuel (depuis 01/02/2026) | Proposition Banque de France |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| LEP | 2,5 % | 2,5 % (recommandé) |
Si le gouvernement suit cette recommandation, l'arrêté ministériel devra être publié pour acter la nouvelle rémunération. Le contexte macroéconomique, notamment l'évolution de l'inflation et des taux monétaires à court terme, restera déterminant pour les prochains ajustements. Pour les banques et assureurs, ces décisions influent indirectement sur la compétitivité des produits d'épargne commerciale face aux livrets réglementés.
La proposition de la Banque de France intervient après plusieurs épisodes de volatilité des encours : la précédente baisse du Livret A avait entraîné une vague de retraits, rappelant la sensibilité de l'épargne réglementée aux variations de son taux. Le choix de maintenir un LEP plus rémunérateur que la formule stricte suggère une dimension sociale assumée par l'autorité, visant à soutenir les ménages les plus fragiles.
Reste à suivre la décision gouvernementale et la date d'entrée en vigueur, qui détermineront l'impact concret sur les flux d'épargne et les arbitrages des ménages entre livrets réglementés et placements alternatifs.