Une hausse proposée après le rebond de l'inflation
La Banque de France a proposé mercredi d'ajuster le taux du Livret A de 1,5% à 1,7%. Cette recommandation, motivée par le récent rebond de l'inflation lié aux tensions au Moyen-Orient, doit encore être validée par le ministère de l'Économie. Roland Lescure doit annoncer en direct, lors du journal de 13 heures de TF1, le taux finalement retenu par le gouvernement.
Quel calendrier ?
Si le gouvernement donne son feu vert, les taux actualisés entreront en vigueur le 1er août. Le geste de la Banque centrale est qualifié de « légère hausse » par ses services, qui soulignent que la proposition reste supérieure au niveau moyen d'inflation observé sur les six derniers mois.
Un produit toujours massif, mais en décollecte
Le Livret A demeure le support d'épargne le plus répandu : environ 58 millions de livrets rassemblent quelque 444,6 milliards d'euros d'encours. Pourtant, le produit perd de son attractivité : pour le cinquième mois consécutif les Français ont retiré plus qu'ils n'ont épargné en mai, entraînant une baisse des encours de 630 millions d'euros selon la Caisse des dépôts.
« décollecte »
Cette sortie nette de fonds constitue un épisode inédit depuis 2009. Plusieurs économistes estiment d'ailleurs que le taux retenu pourrait finalement se situer autour de 1,8%, voire légèrement plus, en fonction des dernières lectures de l'inflation et des arbitrages politiques.
Effets pour les épargnants et les banques
Une hausse du taux du Livret A influence directement le rendement du LDDS (Livret de développement durable et solidaire), qui suit le même taux. Pour les banques, un relèvement se traduit par un coût de financement légèrement supérieur des dépôts réglementés et peut peser, à la marge, sur les marges d'intérêt. Pour les ménages, même un point ou deux de base supplémentaires représentent une compensation modeste face à la hausse des prix, mais renforcent la compétitivité du Livret A par rapport aux placements non réglementés.
Cas du Livret d'épargne populaire
Sur la catégorie destinée aux ménages modestes, la Banque de France propose de maintenir le taux du LEP à 2,5%, soit 0,3 point de plus que la valeur calculée antérieurement. Cette décision vise à préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus fragiles et à limiter l'érosion réelle du pouvoir d'achat de cette tranche d'épargne réglementée.
Enjeux et conséquences
- Pour les épargnants : un rendement légèrement supérieur, mais inférieur à l'inflation perçue sur certains mois.
- Pour les banques : adaptation de la tarification et des stratégies de collecte face à une moindre appétence pour le Livret A.
- Pour les politiques publiques : un ajustement qui traduit un arbitrage entre soutien au pouvoir d'achat et maîtrise du coût du financement des agences publiques liées au Livret A.
Le gouvernement dispose donc d'une marge de décision qui sera scrutée : toute variation, même marginale, du taux du Livret A est susceptible de modifier le comportement d'épargne des Français et les flux de trésorerie vers les institutions qui gèrent ces fonds.