Une hausse technique pour restaurer l’attrait du placement réglementé
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a proposé de relever le taux du Livret A à 1,7 % à compter du 1er août. Cette décision, fondée sur la formule réglementaire de calcul du taux, intervient alors que le livret le plus populaire des Français enchaîne les mois de décollecte, une situation inédite depuis 2009.
Depuis le début de l'année 2026, le Livret A perd des fonds : rien qu'en mai, les retraits ont atteint 630 millions d'euros. Le contexte macroéconomique a guidé le choix technique : l'inflation moyenne du dernier semestre est de 1,52 % et le taux €STR moyen s'établit à 1,95 %, ce qui, une fois appliquée la formule, conduit au taux proposé de 1,7 %, supérieur au taux en vigueur de 1,5 %.
« La fixation à 1,7 % du taux du livret A continuera donc à protéger le pouvoir d’achat de ses épargnants, tout en maintenant sa solide contribution à l'économie et au financement des investissements prioritaires. »
Quelles conséquences pour les ménages et les banques ?
Sur le plan individuel, une remontée du taux du Livret A réduit l'érosion du rendement réel subie par les épargnants face à l'inflation. Pour les ménages modestes et les épargnants prudents, le Livret A reste un placement liquide et défiscalisé. Au niveau macroéconomique, un taux plus attractif peut ralentir le flux vers des placements plus risqués (assurance-vie, actions) et limiter la pression sur la collecte des autres produits d'épargne.
- Impact court terme : une probable stabilisation, voire un rebond partiel des dépôts sur le Livret A dès août.
- Impact pour les banques : coût marginal de collecte légèrement plus élevé, mais toujours encadré par la réglementation des plafonds et des affectations des fonds collectés.
- Impact sur l'économie : maintien du rôle du Livret A dans le financement du logement social et des investissements prioritaires.
Le LEP maintenu à un taux nettement supérieur
Emmanuel Moulin a également proposé de maintenir le taux du Livret d'Épargne Populaire (LEP) à 2,5 %. Le LEP, détenu par plus de 12 millions de personnes, bénéficie ainsi d'un taux supérieur à celui qui aurait résulté de la formule classique (2,2 % selon la source). Ce choix confirme la volonté des autorités de préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux proposé pour le Livret A | 1,7 % |
| Taux en vigueur | 1,5 % |
| Inflation moyenne (dernier semestre) | 1,52 % |
| Taux €STR moyen | 1,95 % |
| Retraits en mai | 630 millions d'euros |
| Taux LEP | 2,5 % |
| Détenteurs LEP | Plus de 12 millions |
Décision finale et calendrier
La proposition du gouverneur a été transmise au ministre de l'Économie. La décision finale doit être annoncée par Roland Lescure, qui prend la parole mercredi au journal télévisé de 13 heures sur TF1. Si elle est confirmée, l'augmentation prendra effet le 1er août, conformément au calendrier habituel de révision des taux réglementés d'épargne.
Concrètement, le relèvement à 1,7 % ne crée pas de rupture économique majeure, mais il marque une réponse technique aux tensions sur la collecte et un choix politique de protéger le rendement réel des placements sans rompre avec la logique réglementaire qui encadre ces produits.