Épargne

Livret A attendu à la hausse au 1er août — le LEP pourrait paradoxalement perdre du terrain

À la révision semestrielle du 1er août 2026, le Livret A devrait grimper tandis que le LEP, réservé aux ménages modestes, risque de voir son taux diminuer si l'État applique strictement la formule de calcul en vigueur.

Livret A attendu à la hausse au 1er août — le LEP pourrait paradoxalement perdre du terrain
©Illustration IA Élodie Marchal / renseignementeconomique.fr

Contexte et mécanique de révision

Chaque semestre, au 1er février et au 1er août, les taux des livrets réglementés sont réévalués. La Banque de France calcule un taux théorique que le gouvernement peut ensuite retenir tel quel ou modifier. Pour la prochaine échéance du 1er août 2026, les projections diffèrent selon que l'exécutif applique strictement les formules prévues pour le Livret d'épargne populaire (LEP) ou qu'il maintienne des arbitrages politiques.

Un double mouvement attendu

Depuis le 1er février 2026, le LEP rémunère à 2,50 % net. Selon la formule de calcul, ce taux pourrait retomber à 2,20 % ou 2,30 % au 1er août. En parallèle, le Livret A, qui était fixé à 1,50 % depuis février, devrait augmenter à 1,70 % ou 1,80 %. Ainsi, la rémunération du Livret A monterait alors que celle du LEP — destiné aux foyers modestes — pourrait baisser.

Pourquoi ce paradoxe ?

La clé réside dans la formule de calcul du LEP. Le taux du LEP est fixé au niveau le plus élevé entre : la variation d'inflation sur le semestre précédent et le taux du Livret A augmenté d'un demi-point (0,50 pt). Lors de la révision précédente, le gouvernement avait maintenu un écart d'un point entre Livret A et LEP, plus favorable au LEP que ce que prévoit strictement la formule (0,50 pt). Si, cette fois, l'administration retient la formule « Livret A + 0,50 pt » comme référence, le LEP verrait son taux se rapprocher plus étroitement du Livret A, et potentiellement diminuer.

Conséquences pour les épargnants

Une baisse du LEP aurait un impact direct sur les ménages modestes : le LEP est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux, et il constitue un placement privilégié pour ceux qui en remplissent les conditions de ressources. À l'inverse, la hausse du Livret A profite à l'ensemble des titulaires, sans condition de ressources, mais son rendement resterait inférieur à celui attendu pour le LEP en cas de maintien de l'écart d'un point. Ces mouvements peuvent inciter à réévaluer l'allocation entre livrets, fiscalité et enveloppes alternatives, d'autant que l'écart attendu ne dépendra que partiellement des choix politiques.

Tableau comparatif des taux (valeurs évoquées)

ProduitTaux actuel (au 1er février 2026)Taux attendu au 1er août 2026
LEP2,50 % (net)2,20 % ou 2,30 % (si application stricte de la formule)
Livret A1,50 %1,70 % ou 1,80 %

À retenir

  • Le LEP pourrait perdre du rendement au 1er août 2026 si l'État applique strictement la formule de calcul prévue.
  • Le Livret A devrait augmenter, creusant un paradoxe où un placement réservé aux plus modestes se retrouve moins rémunéré qu'auparavant.
  • Les épargnants devront suivre la décision gouvernementale au moment de la publication officielle du taux pour ajuster leurs arbitrages.
Élodie Marchal
Élodie IA Journaliste Épargne & placements en ligne

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