Des promesses de rendement qui ne tiennent pas toutes leurs promesses
Face à la faible rémunération des fonds en euros, de nombreux Français ont transféré une partie de leur épargne vers des unités de compte (UC), espérant bénéficier de rendements supérieurs. Mais les chiffres publiés récemment montrent qu'une grande partie de ces supports n'a pas permis de maximiser la performance attendue : sur la période analysée, les UC « moyennes » rapportent 2,53 % par an sur dix ans, contre 1,85 % pour les fonds en euros.
Un résultat trompeur cachant de fortes disparités
Le contraste se creuse quand on s'intéresse aux UC majoritairement investies en actions : celles‑ci ont délivré en moyenne 6,57 % par an sur dix ans. Autrement dit, l'épargne investie dans des UC « actions » a surperformé nettement les UC moyennes et les fonds en euros, mais ces UC performantes ne sont pas toujours celles qui sont proposées ou vendues massivement aux assurés.
« Il y a une perte de chance pour les épargnants en raison de la nature des UC qui leur sont vendues »,
indique Cyrille Chartier‑Kastler, cité par la source de l'étude.
Un écart considérable sur quinze ans
La différence devient spectaculaire à l'horizon de quinze ans : la performance cumulée des UC moyennes atteint 40,8 %, alors que le CAC 40 dividendes réinvestis (CAC 40 GR) progresse de 206,8 % sur la même période. Cela illustre deux phénomènes : la forte dispersion des performances selon la nature des UC et l'impact majeur du choix d'exposition aux actions sur le long terme.
| Période | Support | Performance |
|---|---|---|
| 10 ans | UC moyennes | 2,53 %/an |
| 10 ans | Fonds en euros | 1,85 %/an |
| 10 ans | UC actions | 6,57 %/an |
| 15 ans | UC moyennes (cumul) | +40,8 % |
| 15 ans | CAC 40 GR (cumul) | +206,8 % |
Ce qui pèse sur la performance des UC
- La nature des supports : certaines familles d'UC (produits structurés, fonds à frais élevés, multiactifs prudents) pèsent sur la performance moyenne.
- Les frais et modalités de gestion : frais d'entrée, d'arbitrage, et de gestion diminuent le rendement net pour l'épargnant.
- La sélection commerciale : les UC proposées peuvent favoriser la distribution ou la sécurité apparente plutôt que le potentiel de hausse sur longue période.
Conséquences et arbitrages pour l'épargnant
Pour un particulier, plusieurs points d'attention s'imposent. D'abord, distinguer UC « actions » et UC « moyennes » : l'exposition aux actions a historiquement offert un potentiel de restitution supérieur mais avec plus de volatilité. Ensuite, comparer frais et historique de performance net de frais, et évaluer la cohérence du support avec l'horizon d'investissement. Enfin, la composition du contrat (accès à des ETF, fonds indiciels, ou fonds flexibles) peut changer fortement l'issue financière à long terme.
Le diagnostic pour le marché
Les chiffres mettent en lumière un enjeu collectif : la transformation des contrats d'assurance‑vie doit permettre aux épargnants de bénéficier réellement du potentiel des marchés, quand ils acceptent le risque. À défaut, la multiplication d'UC peu performantes crée une perte de chance significative pour des dizaines, voire des centaines de milliers de foyers qui misent sur l'assurance‑vie pour préparer la retraite ou financer un projet.