Une expatriation de plus en plus choisie
Au 31 décembre 2025, 15 567 450 retraités percevaient une retraite de base au régime général en France, dont 1 053 394 — soit 6,8 % — résidaient à l'étranger, indique l'Assurance retraite. Ce basculement partiel ou définitif hors de France n'est pas marginal : il illustre une mobilité accrue des séniors, motivée par le climat, le coût de la vie et la recherche d'une vie sociale moins contrainte.
Des motifs concrets, illustrés par des parcours
Le reportage suivi par TF1 et relayé par la presse met en scène des quinquagénaires et septuagénaires qui ont fait le choix du nomadisme ou d'une seconde résidence à l'étranger. Parmi eux, un couple breton qui parcourt l'Espagne et s'installe plusieurs mois au Maroc en camping-car : ce mode de vie combine mobilité, maîtrise des dépenses et liberté du quotidien. Les motifs souvent cités sont :
- Coût de la vie inférieur (logement, alimentation, services) dans certaines destinations ;
- Climat plus clément, recherché pour le confort et la santé ;
- Simplicité de mouvement pour les retraités mobiles (camping-car, résidences secondaires) ;
- Liens historiques et linguistiques (Portugal, Espagne, Maroc, pays francophones).
"C'est magnifique, on en prend plein la vue", confie l'une des retraitées interviewées.
Ce que cela change pour les pensions et les services
Le fait de résider à l'étranger n'implique pas de perte automatique de la pension : les retraités continuent, en grande majorité, de percevoir leur retraite de base. Cependant, plusieurs conséquences pratiques doivent être prises en compte :
- Versement : la pension peut être maintenue à l'étranger, sous réserve des formalités administratives et des conventions bilatérales éventuelles ;
- Fiscalité : l'imposition peut varier selon le pays de résidence et les conventions fiscales, affectant le net perçu ;
- Protection sociale : l'accès aux soins en France devient limité, il faut s'appuyer sur les systèmes locaux, l'assurance privée ou des accords de coordination ;
- Pouvoir d'achat : souvent renforcé par un coût de la vie plus faible, mais exposé aux fluctuations monétaires et aux coûts de transport si les séjours en France sont fréquents.
Des chiffres simples pour saisir l'ampleur
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Retraités au régime général (31/12/2025) | 15 567 450 |
| Retraités résidant à l'étranger | 1 053 394 (6,8 %) |
En pratique : vérifier, anticiper, s'assurer
Pour qui envisage de partir : il convient de vérifier trois domaines avant de s'engager. D'abord, les formalités administratives pour conserver le versement de la pension et signaler son changement d'adresse ; ensuite, la couverture santé et les coûts éventuels d'une assurance complémentaire internationale ; enfin, les règles fiscales applicables selon la destination. Ces vérifications déterminent si le gain apparent en pouvoir d'achat est durable.
Au-delà des motifs individuels, cette mobilité interroge aussi les politiques publiques : maintien des droits, coordination internationale des soins, et adaptation des services pour des populations retraitées de plus en plus mobiles. Les chiffres: 1,05 million de retraités à l'étranger témoignent d'une réalité en croissance qui mérite d'être suivie et encadrée pour garantir la sécurité économique et sanitaire des anciens actifs.