Des profits historiques dopés par un pétrole au‑dessus de 100 $/b
Les 11 plus grands groupes pétroliers mondiaux ont enregistré un bénéfice cumulé de 121 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, selon le site économique du Golfe AGBI relayé par plusieurs médias. Ce niveau est tiré par un prix du pétrole élevé : la moyenne trimestrielle du Brent s'est établie à 103,28 $ le baril (donnée EIA citée), soit une hausse de 52 % par rapport à la même période en 2025.
La montée des cours s'inscrit dans un contexte de forte perturbation du trafic pétrolier mondial, notamment liée à des événements dans le détroit d'Ormuz qui ont pesé sur l'offre et augmenté la prime de risque. Le résultat : une vague de profits qui, en valeur, dépasse largement ce qu'ont perçu ces entreprises l'an dernier.
Quelles augmentations exactement ?
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Bénéfices combinés (T2 2026) | 121 milliards $ |
| Prix moyen Brent (T2 2026) | 103,28 $/baril |
| Hausse des bénéfices vs T2 2025 | +85 % (soit +56 milliards $) |
Distribution aux actionnaires : profits élevés, retours mesurés
Malgré l'explosion des résultats, la distribution aux actionnaires n'a pas suivi la même cadence. Plusieurs groupes ont privilégié la conservation de cash ou des rachat d'actions ciblés plutôt que des hausses massives de dividendes :
- ExxonMobil a plus que doublé son bénéfice sur la période étudiée, mais la hausse du dividende par action reste faible (passée de 0,99 $ à 1,03 $ sur le trimestre cité).
- Saudi Aramco a annoncé une augmentation de dividende de 3,5 %, soit un versement total de 22 milliards $.
- Eni et Repsol ont favorisé des programmes de rachats d'actions plus importants, sans que cela n'égale l'ampleur de la hausse des profits au niveau du secteur.
Conséquences pour les consommateurs et les États
Pour le consommateur français, la mécanique n'est pas automatique : un baril à plus de 100 $ tend à maintenir la pression sur les prix à la pompe et, pour certaines productions raffinées, sur les coûts de l'énergie. Toutefois, la traduction directe sur la facture dépend d'autres facteurs : stockage, délais contractuels, taxes intérieures et marges de raffinage.
Pour les finances publiques, ces bénéfices massifs posent la question de la part de la valeur qui revient aux États par le biais d'impôts, redevances et autres mécanismes. Le fait que les majors n'aient pas simultanément augmenté de façon proportionnelle les dividendes ou les rachats d'actions pourrait aussi être interprété comme une stratégie de gestion du risque et de préservation de liquidités face à une volatilité géopolitique élevée.
Enjeux stratégiques pour les groupes et la transition
Ces résultats offrent aux entreprises une capacité financière renforcée pour investir — ou non — dans la transition énergétique. L'afflux de cash ouvre des choix : accélérer les investissements dans les renouvelables et les infrastructures bas‑carbone, ou privilégier le rendement pour les actionnaires. Les décisions prises dans les prochains mois détermineront en partie le rythme de la décarbonation du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- 121 milliards $ de bénéfices pour les 11 majors au T2 2026, portés par un Brent à 103,28 $/b.
- Les distributions aux actionnaires ont augmenté, mais de façon moins spectaculaire que les profits ; l'exemple d'ExxonMobil et l'annonce d'Aramco illustrent des approches différentes.
- Impacts incertains mais réels sur les prix à la consommation, la fiscalité et les investissements en transition énergétique.