Un bond statistique, mais des écarts persistants
Le taux d’activité des personnes âgées de 55 à 64 ans progresse, mais il reste inférieur à celui des actifs en âge central. Selon une étude de la Dares publiée fin juillet, le taux d’emploi pour cette tranche d’âge était de 61,7 % en 2025, contre 83 % pour les 25-54 ans. Ces chiffres signifient des améliorations, mais aussi des défis pour les seniors, et singulièrement pour les femmes qui cumulent souvent discriminations liées à l’âge et ruptures de parcours.
Le rôle des associations : l’exemple d’Actions Femmes Bretagne
À Saint-Grégoire, un « café réseaux » organisé en juin par Actions Femmes Bretagne illustre une approche pragmatique : combiner soutien individuel, formation et mise en relation pour recréer des trajectoires professionnelles. L’association accompagne depuis 2022 des femmes de plus de 40 ans qui cherchent à reprendre ou à transformer leur activité.
- Soutien individuel : conseils personnalisés pour clarifier un projet professionnel.
- Formation : remises à niveau ou acquisitions de compétences ciblées.
- Réseautage : rencontres collectives favorisant les offres non publiées et l’entraide.
Ces dispositifs répondent à une réalité : au-delà des chiffres globaux, les parcours peuvent être fragmentés — départs volontaires pour s’occuper d’un proche, licenciements, voire périodes d’inactivité prolongée — qui demandent une reprise de confiance et une mise à jour des compétences.
Ce que cela change pour les intéressées et pour les employeurs
Pour les femmes concernées, le retour à l’emploi via des réseaux locaux offre non seulement des opportunités d’embauche, mais aussi des ressources pour négocier salaire, temps de travail ou reconversion. Pour les entreprises, ce vivier représente une réserve d’expérience et de maturité. Mais l’employabilité dépend de conditions : accessibilité des formations, reconnaissance des acquis, et lutte contre les stéréotypes d’âge. Le décalage entre 61,7 % et 83 % rappelle que des politiques publiques et des initiatives locales doivent continuer à réduire ces freins.
Perspectives et limites
La progression du taux d’emploi des seniors est positive, mais l’impact durable sur les trajectoires professionnelles des femmes reste à mesurer : combien retrouvent un emploi stable, avec un niveau de qualification et de rémunération équivalent à leurs attentes ? Les réponses passent par un renforcement des formations ciblées, des dispositifs de transition professionnelle et la généralisation des pratiques de recrutement inclusives.
| Groupe d'âge | Taux d'emploi (2025) |
|---|---|
| 55-64 ans | 61,7 % |
| 25-54 ans | 83 % |
En synthèse, les initiatives collectives comme celles d’Actions Femmes Bretagne montrent qu’au-delà des politiques nationales, des réponses de terrain peuvent accélérer le retour à l’emploi des femmes seniors. Elles sont indispensables pour convertir la progression statistique en redressement réel des parcours professionnels.