Le constat international et ses répercussions pour l'emploi des jeunes
Selon le dernier rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT), le chômage des 15-24 ans a augmenté en 2025, atteignant 67 millions de jeunes sans emploi. Cette progression, certes modeste en apparence (+0,1 point entre 2024 et 2025), masque une situation structurelle plus préoccupante : 20 % des jeunes sont classés comme NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation), soit plus de 257 millions de personnes.
Ce que ces chiffres signifient pour les salariés et les employeurs
Derrière les chiffres se dessinent des enjeux concrets pour les jeunes candidats, les entreprises qui recrutent et les politiques publiques. Une hausse même marginale du taux de chômage chez les 15-24 ans reflète des frictions d'entrée sur le marché du travail : emplois manquants, inadéquation des compétences ou difficultés d'insertion. Pour les employeurs, cela traduit à la fois une réserve de main-d'œuvre disponible et un défi : intégrer des profils qui peuvent nécessiter une mise à niveau rapide.
Le rôle de l'intelligence artificielle
Le rapport met en lumière l'impact potentiel des technologies, et en particulier de l'intelligence artificielle, sur l'emploi des jeunes. Les auteurs soulignent qu'au-delà des destructions potentielles d'emplois, l'IA peut accélérer la substitution de certaines tâches traditionnellement occupées par des entrants sur le marché du travail.
"Il n’y a pas de ruissellement vers la jeunesse. Au contraire, il y a une substitution, notamment avec l’IA, et il faut donc se former de plus en plus."
Conséquences opérationnelles et pistes pour l'action
La combinaison d'un chômage jeune en légère hausse et d'une proportion très élevée de NEET appelle des réponses en matière de formation, d'orientation et de politiques actives. Concrètement :
- Renforcer les dispositifs de formation initiale et continue axés sur les compétences numériques et transversales ;
- Développer des passerelles entre entreprises et centres de formation pour faciliter l'embauche de jeunes sans expérience ;
- Adapter les politiques d'emploi pour prévenir la désaffiliation durable des NEET.
| Indicateur | Valeur (2025) |
|---|---|
| Jeunes 15-24 ans sans emploi | 67 millions |
| Variation du taux de chômage (2024-2025) | +0,1 point |
| Part de jeunes NEET | 20 % (≈ 257 millions) |
Un signal d'alerte pour la France
Si le rapport porte une portée mondiale, ses conclusions interpellent la France : la récente remontée du chômage national pour certains segments de population et le besoin croissant de compétences liées à l'IA rendent prioritaire l'adaptation des formations et des politiques d'insertion. À court terme, il s'agit de limiter le nombre de jeunes qui quittent le système éducatif sans perspectives ; à moyen terme, d'anticiper les transformations sectorielles induites par les technologies.
Les chiffres de l'OIT ne livrent pas de solutions toutes faites, mais ils imposent un constat simple : pour que l'IA ne creuse pas l'inégalité d'accès à l'emploi des nouvelles générations, il faudra accélérer l'effort collectif — entreprises, pouvoirs publics et acteurs de la formation — pour transformer l'offre de compétences disponibles.