Contexte : euphorie alimentée par la diplomatie et les résultats
Les marchés actions ont démarré la semaine en nette progression, portés par la relance des pourparlers de paix avec l'Iran et par une série de publications trimestrielles meilleures que prévu. Le prix du baril de Brent est redescendu rapidement sous 80 dollars, allégeant une partie des pressions inflationnistes liées à l'énergie.
Des résultats qui surprennent à la hausse
Sur plus de 300 entreprises du S&P 500 ayant publié, environ 85 % ont dépassé les attentes des analystes. À l'échelle agrégée, la croissance des bénéfices se situe autour de +45 %, soit l'une des progressions trimestrielles les plus marquantes de ces dernières années. En Europe, la dynamique est également robuste, avec une progression des bénéfices proche de +22 %.
"Même hors secteur de l'énergie, la croissance s'établit à 12 %", souligne Maximilian Uleer, responsable des actions européennes chez Deutsche Bank.
Selon le même responsable, cette hausse provient principalement d'une forte accélération des ventes, à +10 % en glissement annuel — un rythme inédit depuis 2022 pour un contexte d'inflation modérée. Deutsche Bank a d'ailleurs revu à la hausse sa prévision de croissance des bénéfices 2026, de 12 % à 15 %.
Chiffres de l'emploi : un contrepoint important
La publication américaine de l'emploi non agricole a contrarié l'optimisme : au lieu des +80 000 créations attendues, les États-Unis ont enregistré -23 000 postes en juillet, avec des révisions à la baisse pour mai et juin. Ce retournement enlève une partie du risque immédiat d'une remontée rapide des taux par la Réserve fédérale.
Conséquences pour les épargnants et investisseurs
Le tableau est donc nuancé : d'un côté, des fondamentaux d'entreprises plus solides que prévu soutiennent des valorisations élevées ; de l'autre, des signaux macroéconomiques (emploi) incitent à la prudence sur le timing des prises de risque. Comme toujours, plusieurs arbitrages se dessinent :
- réévaluer la tolérance au risque face à des indices proches de records ;
- considérer l'impact d'un pétrole plus bas sur les marges sectorielles ;
- suivre de près les prochaines publications économiques — les marchés peuvent rapidement réviser leurs anticipations de taux.
| Indicateur | Chiffre cité |
|---|---|
| Baril de Brent | < 80 $ |
| % d'entreprises S&P500 au-dessus des attentes | 85 % |
| Croissance agrégée des bénéfices (S&P500) | +45 % |
| Croissance des bénéfices (Europe) | +22 % |
| Croissance des ventes (Europe) | +10 % |
| Révision prévision bénéfices 2026 (Deutsche Bank) | 12 % → 15 % |
| Emploi non agricole US (juillet) | -23 000 (attendu +80 000) |
En somme, les résultats d'entreprises fournissent un socle favorable aux marchés, mais les indicateurs macroéconomiques rappellent que la trajectoire des taux et la volatilité restent des paramètres essentiels pour qui construit une épargne ou un portefeuille. La période appelle donc à une lecture fine des prochains bilans et des prochaines statistiques macro.