Un relèvement attendu après la hausse d'août
Le taux du Livret A, révisé semestriellement par la Banque de France, est passé de 1,5 % à 1,7 % au 1er août. Des premières estimations font état d'une nouvelle hausse possible au 1er février 2027, susceptible de porter le taux autour de 2,3–2,4 %. Le LEP (Livret d'Épargne Populaire) bénéficierait parallèlement d'un coup de pouce, avec des projections situant son taux à 2,9 %, voire 3 % en cas d'intervention de Bercy.
Comment la Banque de France calcule le taux
Le niveau du Livret A découle d'une formule encadrée : la Banque de France fait la moyenne de la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et de la moyenne semestrielle de l'€STR (le taux du marché interbancaire de la zone euro). Le résultat est ensuite arrondi au dixième de point supérieur. Un garde-fou existe toutefois : le taux ne peut pas tomber en dessous de 0,5 %.
Les indicateurs qui poussent les taux à la hausse
Deux variables expliquent les projections actuelles :
- Inflation : l'Insee estimait l'inflation à 2,1 % en juillet 2026 et prévoit une remontée à 2,7 % en décembre. Sur la base de ces hypothèses, la moyenne de l'inflation hors tabac pour le second semestre 2026 serait d'environ 2,4 %.
- €STR : MoneyVox anticipe une hausse des taux d'un quart de point en septembre, en lien avec les décisions de la BCE, portant la moyenne semestrielle de l'€STR entre 2,3 % et 2,4 %.
À quels niveaux s’attendre en février 2027 ?
Si ces hypothèses se confirment, le calcul (moyenne inflation hors tabac + €STR, arrondi au dixième supérieur) conduirait à un Livret A autour de 2,3–2,4 %. Le LDDS et les livrets jeunes, indexés sur le même mécanisme, verraient également leur rémunération progresser.
| Indicateur | Chiffre évoqué |
|---|---|
| Taux Livret A (au 01/08/2026) | 1,7 % |
| Projection Livret A (02/2027) | 2,3–2,4 % |
| Projection LEP (02/2027) | 2,9–3 % |
| Inflation (juillet 2026) | 2,1 % |
Ce que cela change pour les épargnants
Une hausse à plus de 2 % rendrait les livrets réglementés à nouveau plus compétitifs par rapport à certains placements à court terme, et pourrait ralentir la décollecte observée sur l'épargne réglementée ces derniers mois. Toutefois, la différence reste à analyser selon les objectifs des ménages : liquidité et sécurité (livrets), rendement potentiellement supérieur mais volatilité (unités de compte dans l'assurance‑vie), ou placement à long terme (immobilier, titres).
Limites et incertitudes
Ces projections reposent sur des estimations publiées et des hypothèses de marché à plus de cinq mois de l'échéance : elles doivent être considérées comme provisoires. Les évolutions réelles dépendront notamment de la trajectoire effective de l'inflation, des décisions de la Banque centrale européenne et, le cas échéant, d'arbitrages politiques sur le taux du LEP.
Pour les épargnants, l'important est de surveiller les publications officielles de la Banque de France et les communications de Bercy à l'approche du 1er février 2027, et d'inscrire toute décision d'arbitrage dans un horizon et un objectif d'épargne clairs.