Une réponse à la montée en puissance des agents autonomes
La startup israélienne de cybersécurité Onyx Security vient d'annoncer une levée de 113 millions de dollars destinée à accélérer le développement d'une plateforme visant à sécuriser et réguler les agents d'intelligence artificielle déployés en entreprise. Cette opération porte la somme levée par la société à 153 millions de dollars depuis sa création et valorise la jeune pousse à près de 640 millions de dollars.
Dirigée par Maxim Bar Kogan et Gil Elbaz, Onyx se positionne sur un segment devenu critique : la gouvernance et la sécurité des actions exécutées par des systèmes autonomes. Les fondateurs s'appuient sur des parcours techniques lourds — Bar Kogan, ancien officier de l'unité 8200, et Elbaz, ancien architecte IA chez Nvidia — pour construire une offre destinée aux grandes organisations qui craignent la perte de contrôle à mesure que des processus sont confiés à des agents logiciels.
« En 2025, moins de 1 % de l’ensemble des actions étaient exécutées par des agents IA... D’ici un an, la majorité des actions au sein des entreprises le seront. »
La nouvelle levée a été menée par Bessemer Venture Partners. Parmi les autres investisseurs figurent Cyberstarts, TCV, Conviction, FirstMark, Vintage Investment Partners, QuantumLight et G Squared. Quatre mois plus tôt, Onyx avait déjà réalisé un tour de 40 millions de dollars, montrant un intérêt soutenu du capital-risque pour ce segment.
Ce que propose la plateforme et les enjeux pour les entreprises
Onyx développe une solution destinée à assurer que les actions réalisées par des agents IA soient légitimes, traçables et conformes aux règles internes et aux cadres réglementaires. Le positionnement de la startup répond à une tension nouvelle : les systèmes traditionnels de cybersécurité ne suffisent pas pour superviser des agents qui prennent des décisions autonomes dans des domaines critiques comme l'allocation de capitaux, la gestion d'énergie ou les chaînes d'approvisionnement.
- Montants levés : 113 M$ (nouveau tour) ; 153 M$ (total).
- Valorisation : près de 640 M$.
- Année de création : 2024.
- Investisseurs : Bessemer (lead), Cyberstarts, TCV, Conviction, FirstMark, Vintage, QuantumLight, G Squared.
Questions économiques et perspectives
La dynamique financière d'Onyx illustre deux tendances : d'une part, la disposition des fonds à financer des solutions de sécurité adaptées à l'IA autonome ; d'autre part, la rapidité avec laquelle les entreprises projettent d'externaliser des décisions opérationnelles à des agents logiciels. Reste à voir si les clients adopteront des solutions tierces pour encadrer des agents potentiellement critiques, ou s'ils privilégieront des architectures internes.
| Item | Valeur |
|---|---|
| Levée annoncée | 113 M$ |
| Total levé | 153 M$ |
| Valorisation | ~640 M$ |
| Année de création | 2024 |
Pour les acteurs français et européens, la trajectoire d'Onyx pose une double interrogation : comment intégrer des solutions tierces de supervision sans transférer des risques systémiques, et comment renforcer la souveraineté technologique dans un domaine où des startups étrangères attirent le capital le plus lourd ? Les réponses influencent les orientations des directions des systèmes d'information, des directeurs de la sécurité et des régulateurs.
En levant 113 M$, Onyx marque une étape importante. Le défi qui reste est autant commercial que technique : prouver, à grande échelle, que l'on peut concilier automatisation poussée et contrôle fiable des décisions numériques.