Un flux massif d'épargne bientôt libéré
Les Plans épargne logement (PEL) ouverts à partir du 1er mars 2011 arrivent à échéance au terme légal de 15 ans. Cet horizon réglementaire signifie que, dès 2026, des milliers de titulaires verront leur plan se clore automatiquement. La Banque de France estime qu'36 % des PEL, soit environ 93 milliards d'euros d'encours, seront liquidés d'ici 2030, avec un pic attendu en 2030 : 1,1 million de plans représentant 28 milliards d'euros.
Rendements et fiscalité : les chiffres à mettre en regard
Le PEL historique a pu bénéficier d'un rendement attractif dans le passé (jusqu'à 2,5 % pendant quinze ans pour certains plans). Dans le contexte actuel, les nouveaux PEL sont rémunérés à 2 % brut. Après application du prélèvement forfaitaire unique (PFU, dit « flat tax ») à 30 % sur la fiscalisation des produits, le rendement net ressort à environ 1,4 %.
À titre de comparaison direct, le Compte épargne logement (CEL) affiche un taux beaucoup plus faible : 1 % brut, soit environ 0,69 % net. Pour de nombreux observateurs, ces différences orientent les arbitrages des épargnants entre sécurité et rendement.
« Compte tenu des taux pratiqués aujourd'hui, le taux de prêt ou la rémunération fiscalisée, l'intérêt du PEL est assez faible », confie l'économiste Philippe Crevel.
Quelles options pour l'argent libéré ?
Les titulaires disposent de plusieurs pistes selon leur profil et leur projet :
- Ouvrir un nouveau PEL si un projet immobilier existe encore — le dispositif reste accessible mais moins rémunérateur qu'autrefois.
- Orienter l'épargne vers une assurance vie, souvent retenue pour sa souplesse et la diversité d'exposition (fonds euros, unités de compte), particulièrement pour les sommes sans projet immobilier immédiat.
- Considérer un Plan d'épargne retraite (PER) si l'objectif est long terme et bénéficie d'incitations fiscales spécifiques selon les cas.
- Transformer l'épargne en Plan d'épargne en actions (PEA) pour une exposition aux actions, en tenant compte du risque et de l'horizon.
- Placer provisoirement sur des livrets réglementés (Livret A, etc.) si la priorité est la liquidité, en comparant les taux en vigueur.
Comparer sans confondre sécurité et opportunité
Le choix dépendra de trois éléments : l'existence d'un projet immobilier, l'horizon de placement et la tolérance au risque. Un PEL offre des droits à prêt qui peuvent être utiles si l'intention d'acheter ou de rénover demeure. En revanche, pour des épargnants sans projet, l'assurance vie et le PER offrent des leviers fiscaux et des horizons différents, tandis que le PEA reste pertinent pour qui accepte la volatilité en échange d'un potentiel de rendement supérieur.
Repères chiffrés
| Produit | Taux brut indiqué | Taux net approximatif |
|---|---|---|
| PEL (nouveau) | 2 % | 1,4 % après PFU |
| CEL | 1 % | 0,69 % net |
Face à la clôture automatique des PEL, les épargnants gagneront à peser les avantages fiscaux, la disponibilité des fonds et l'usage futur des sommes. Le transfert d'un capital vers un produit plus rémunérateur implique souvent une exposition accrue au risque ou des contraintes fiscales et contractuelles : ces paramètres doivent rester au cœur des décisions.