Un déficit de main-d'œuvre qui casse les rythmes des chantiers
Dans la métropole portuaire de Hai Phong, la progression des importants chantiers publics est désormais freinée par une pénurie d'ouvriers qualifiés. Après près de deux mois d'activité sur le projet du pont Van Uc 2, les entreprises en coentreprise décrivent un manque criant de techniciens, d'opérateurs d'excavatrices et d'équipes spécialisées.
Le responsable de la délégation de maîtrise d'œuvre a chiffré le besoin global à 300–350 personnes lorsque toutes les équipes seront mobilisées. À ce jour, les entreprises n'ont recruté qu'un peu plus de la moitié de cette main-d'œuvre, soit environ 50 % du personnel requis, créant un important goulot d'étranglement sur le rythme des travaux.
Des coûts salariaux sous pression
Confrontés à des départs vers d'autres « méga-projets » et à une concurrence salariale accrue, les maîtres d'œuvre ont déjà commencé à adapter leurs grilles. Une société de construction indique avoir revalorisé les salaires de ses équipes de 30 % depuis fin 2025 pour retenir le personnel. Cette hausse, non négligeable, pèse directement sur le coût prévisionnel des ouvrages et réduit les marges des entreprises.
- Besoin estimé sur le chantier Van Uc 2 : 300–350 ouvriers
- Effectif présent aujourd'hui : un peu plus de 50 % du besoin
- Augmentation salariale observée : +30 % depuis fin 2025 (cas signalé)
Impact sur les délais et les engagements publics
La pénurie intervient alors que certains axes routiers doivent respecter des échéances précises. Le tronçon Tan Vu - Hung Dao - Bui Vien de la rocade 2, ainsi que l'élargissement de la rue Nguyen Truong To, sont attendus avant le 31 décembre 2026. Les maîtres d'ouvrage exigent des montages d'équipes multiples — évoqués comme des systèmes « trois équipes, quatre équipes » — pour accélérer la cadence, mais faute de personnel, ces rotations sont difficiles à organiser efficacement.
« Lorsque toutes les équipes de construction seront déployées simultanément, le chantier nécessitera entre 300 et 350 ouvriers »,
Les entrepreneurs multiplient les solutions palliatives : hausse des salaires, recrutement ciblé, aménagement des plannings. Mais ces mesures, outre leur coût, ne compensent pas toujours la perte de main-d'œuvre vers d'autres projets lancés récemment par la capitale et les villes voisines.
Conséquences pour les investisseurs et le secteur immobilier
Pour les investisseurs publics et privés, ce déséquilibre se traduit par trois risques concrets : une augmentation des coûts (salaires et logistique), un ralentissement des livraisons impactant la mise en service d'infrastructures, et un déblocage retardé des fonds liés aux étapes de conformité et aux calendriers de décaissement. À terme, la compétitivité de la région pourrait pâtir si les chantiers phares accusent des retards ou si les surcoûts réduisent la capacité d'investissement futur.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Besoin en personnel (Van Uc 2) | 300–350 |
| Effectif présent | ~50 % du besoin |
| Revalorisation salariale observée | +30 % |
Vers quelles réponses ?
Les entreprises tentent de stabiliser leurs équipes en relevant les salaires et en proposant des conditions plus attractives. Mais le contexte montre que la concurrence entre chantiers régionaux pour capter la même main-d'œuvre locale peut durer. Sans efforts coordonnés — formation accélérée, mobilité professionnelle facilitée, ou mécanismes temporaires de main-d'œuvre —, les risques de glissement des plannings demeureront élevés.
Concrètement, pour un maître d'ouvrage ou un futur acquéreur, cela signifie qu'un calendrier de livraison annoncé peut varier sensiblement selon la capacité de l'entreprise à recruter et retenir des équipes. En termes de mensualité ou de planning financier, les promoteurs et investisseurs devront intégrer ces surcoûts salariaux et les marges d'incertitude temporelle dans leurs prévisions.