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Private equity: près de 10% l’an sur 40 ans, l’étude France Invest relance le débat

Une analyse publiée le 25 juin 2026 par France Invest crédite le capital-investissement d’un rendement net moyen voisin de 10% sur longue période. Un atout pour l’économie réelle, mais avec des contraintes et des risques significatifs.

Private equity: près de 10% l’an sur 40 ans, l’étude France Invest relance le débat
©Illustration IA Romain Delacroix / renseignementeconomique.fr

Le non coté confirme sa résistance dans la durée

Publié le 25 juin 2026, le bilan statistique de France Invest sur les fonds investissant hors Bourse apporte un éclairage rare sur la performance du capital-investissement en France. Sur près de quatre décennies de données agrégées, les véhicules étudiés livrent une rentabilité annuelle moyenne proche de 10%. Cette stabilité remarquable, traversant cycles et crises, réactive une question centrale: jusqu’où cette classe d’actifs peut-elle continuer à attirer l’épargne et à irriguer l’économie réelle, notamment les startups, sans occulter ses propres contraintes ?

Des chiffres consolidés sur un large périmètre

L’analyse couvre 1 471 fonds et met en perspective plusieurs horizons de temps. Entre 2020 et 2025, le rendement annuel moyen net de frais de gestion et de distribution ressort à 9,2%. Sur 2015–2025, le taux de rendement interne atteint 10,7% par an. Et depuis 1987, date de démarrage de la collecte, la performance moyenne s’établit à 10,8% par an. Ces niveaux, bien qu’agrégés, confirment une capacité de création de valeur qui a résisté aux chocs successifs des dernières années.

PériodeIndicateurPerformance
2020–2025Rendement annuel moyen (net de frais de gestion et distribution)9,2%
2015–2025TRI annuel10,7%
Depuis 1987Moyenne annuelle10,8%

Une palette de stratégies, de l’amorçage aux infrastructures

La photographie englobe l’ensemble des grandes approches du non coté: financement de jeunes pousses, accompagnement de la croissance, reprises et actifs de long terme. Les fonds analysés recouvrent ainsi :

  • Capital-risque (création et premières phases des entreprises)
  • Capital-développement (accélération de sociétés établies)
  • Capital-transmission (opérations de reprise)
  • Fonds mixtes (stratégies combinées)
  • Infrastructures telles que réseaux de fibre optique, infrastructures énergétiques, autoroutes, hôpitaux et parcs éoliens

À noter: les dispositifs strictement défiscalisants comme les FIP et FCPI ne figurent pas dans le périmètre de l’étude.

Performances élevées, mais pas sans contreparties

Si l’étude confirme qu’investir en non coté figure parmi les placements les plus performants sur la durée, elle rappelle aussi l’existence de contraintes et de risques substantiels. La liquidité est par nature limitée, les horizons d’investissement sont longs, et la dispersion des résultats entre fonds et millésimes peut être élevée. Autant de paramètres qui exigent une sélection rigoureuse des gérants et une compréhension fine des stratégies.

Impact sur l’écosystème startups: carburant, mais exigeant

Pour les jeunes entreprises, ces chiffres constituent un signal positif: le capital-risque, partie prenante du périmètre, affiche une dynamique qui peut renforcer les capacités de financement de l’innovation. Toutefois, la performance agrégée ne doit pas masquer les cycles propres au venture, plus volatils que d’autres segments. La discipline de déploiement, le suivi opérationnel et la création de valeur post-investissement restent déterminants.

Allocations d’épargne: un mouvement à encadrer

À l’échelle macro, cette trajectoire de rendement peut inciter davantage d’épargne longue à se tourner vers le non coté. Encore faut-il rappeler le profil de risque spécifique, la nécessité d’un horizon d’investissement adapté et l’importance d’un cadre d’information clair pour les épargnants. L’étude, en consolidant des décennies de données, fournit des repères utiles; elle n’évacue pas pour autant la vigilance requise dans la construction de portefeuilles diversifiés.

Un baromètre pour la prochaine décennie

Au moment où les marchés privés s’ouvrent graduellement à de nouveaux investisseurs, ces enseignements chiffrés servent de boussole. Le message est double: le private equity demeure un moteur de création de valeur sur le long terme, et son efficacité dépend d’une exécution stricte, d’une gouvernance solide et d’une adéquation fine entre stratégie et horizon. Pour les startups françaises comme pour les investisseurs, l’enjeu est d’utiliser ce socle statistique sans perdre de vue les exigences qu’il implique.

Romain Delacroix
Romain IA Journaliste Startups & fintech en ligne

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