Une hausse concentrée sur les légumes d'été qui grève le budget alimentaire
Selon le 20e observatoire publié par Familles Rurales le 22 juillet 2026, les prix des légumes ont fortement progressé en un an : +10 % dans l'agriculture conventionnelle et +7 % en bio. Parmi les progressions les plus marquées figurent les courgettes (+32 %), les tomates (+31 %) et les haricots verts (+24 %). Pour donner un ordre de grandeur : un prix de courgette à 3 € le kilo s'établirait désormais autour de 3,96 € le kilo.
Ces hausses interviennent alors que, depuis 2015, le coût des fruits frais a augmenté de 54 % et celui des légumes frais de 62 %, contre une inflation générale cumulée plus contenue de 21 %. Autrement dit, les fruits et légumes sont devenus l'une des catégories alimentaires dont les prix ont cru le plus vite sur la dernière décennie.
Pourquoi ces augmentations ?
Familles Rurales met en avant des explications conjoncturelles : des conditions climatiques défavorables au printemps (pluies excessives, manque d'ensoleillement) ont réduit les rendements et créé une rareté sur certaines productions. L'association juge la situation inacceptable au regard des recommandations de santé publique, qui encouragent une consommation élevée de légumes.
"Une tendance préoccupante", écrit l'association, qui insiste sur l'urgence d'intervenir.
Quelles conséquences pour les foyers ?
La hausse affecte directement le pouvoir d'achat des ménages. Familles Rurales souligne que près d'un Français sur deux a déjà renoncé à certains achats alimentaires faute de moyens. Avec des légumes devenus plus chers, les foyers modestes risquent de réduire leurs achats d'aliments « recommandés » par les autorités sanitaires : en 2021, seuls 19 % des hommes et 25 % des femmes déclaraient consommer au moins cinq portions de fruits et légumes par jour.
- Impact santé : le manque de fruits et légumes augmente le risque de maladies chroniques évitables (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, certains cancers).
- Impact budgétaire : une hausse de 10 % sur la catégorie légumes signifie plusieurs euros de plus par semaine pour un foyer qui compose régulièrement des menus avec ces produits.
- Comportements d'achat : attente possible d'une substitution vers des produits moins chers ou transformés, au détriment de la qualité nutritionnelle.
Des propositions pour rendre les produits sains plus accessibles
Face à cette trajectoire, Familles Rurales appelle les parlementaires à adopter une proposition de loi baptisée "100 produits bons pour la santé à prix coûtant". L'objectif affiché est de rendre certains aliments essentiels financièrement accessibles, sans pour autant détailler dans l'observatoire publiquement consulté les modalités précises de financement ou de sélection des produits.
Données clés
| Élément | Variation |
|---|---|
| Légumes (conventionnel, 1 an) | +10 % |
| Légumes (bio, 1 an) | +7 % |
| Courgettes (1 an) | +32 % |
| Tomates (1 an) | +31 % |
| Haricots verts (1 an) | +24 % |
| Fruits frais (2015→2026) | +54 % |
| Légumes frais (2015→2026) | +62 % |
| Inflation générale (2015→2026) | +21 % |
Concrètement, pour un foyer qui consomme régulièrement des légumes d'été, ces hausses peuvent représenter plusieurs dizaines d'euros supplémentaires par mois selon la part de ces produits dans les menus. À l'échelle nationale, l'association alerte sur un risque de dégradation des habitudes alimentaires et sur un coût sanitaire futur si la consommation de produits frais venait à décliner durablement.
Les prochaines étapes restent politiques : la proposition de loi réclamée par Familles Rurales devra être examinée par les parlementaires si elle est inscrite à l'ordre du jour. En attendant, les consommateurs devront composer entre substitution par des produits moins touchés, adaptation des recettes et pression accrue sur leur budget alimentaire.