Un élargissement du périmètre des données financières
Le règlement Financial Data Access (FiDA) entre désormais dans sa phase opérationnelle en 2026. À la différence de la DSP2, qui avait structuré l’open banking depuis 2018 en imposant l’accès aux API des comptes courants aux prestataires agréés, FiDA étend le principe au « patrimoine » financier complet des personnes et des entreprises : assurances, plans de retraite, crédits immobiliers, produits d’investissement, en plus des comptes et des produits d’épargne.
Une opportunité de marché significative pour les fintechs
Le basculement « de la logique paiement à la logique données » ouvre des possibilités inédites pour les startups françaises du domaine : consolidation des profils financiers, offres de conseil enrichies, produits assurtech et wealthtech plus granulaires. Le rapport State of B2B Embedded Finance cité dans la documentation estime le marché adressable à 185 milliards de dollars en B2B pour 2026 — un repère chiffré qui signale l’importance stratégique du nouvel écosystème.
Calendrier et première phase de déploiement
Le règlement entre en vigueur en 2026 avec une période de transition prévue à vingt-et-un mois. La Phase 1, attendue pour la fin de 2026, porte d’abord sur les comptes courants et les produits d’épargne, un périmètre proche de ce que couvrait déjà la DSP2 mais assorti d’exigences techniques renforcées.
- Ce que FiDA permet : agréger, avec le consentement, l’intégralité du profil financier d’un client (comptes, assurance-vie, PEE, crédits, titres).
- Ce que FiDA n’est pas : il ne remplace pas la DSP2, il l’englobe et l’étend.
- Conséquence immédiate : pour les acteurs agréés, une opportunité de nouveaux services et une « nouvelle couche » de conformité à mettre en place.
Implications pour les acteurs français
Pour les fintechs hexagonales déjà actives sur l’agrégation et l’open banking, FiDA représente un terrain d’expansion mais aussi un changement de nature : il faudra intégrer des flux d’informations plus variés et des exigences techniques et juridiques étendues. Les startups devront revoir leurs feuilles de route produit, les partenariats avec assureurs et gestionnaires d’actifs, et les investissements dans la gouvernance des données.
| Année | Étape | Périmètre |
|---|---|---|
| 2018 | DSP2 | Open banking (comptes courants, paiements) |
| 2026 | Entrée en vigueur FiDA | Étendue aux assurances, crédits, retraites, titres, épargne |
| Fin 2026 | Phase 1 | Comptes courants et produits d’épargne (transitoire) |
Questions ouvertes
Le texte clarifie le périmètre et le calendrier, mais laisse en suspens plusieurs modalités opérationnelles : comment sera assurée l’interopérabilité entre fournisseurs de données très divers ? Comment se structureront les obligations techniques et les certifications nécessaires ? Les réponses à ces questions détermineront la vitesse d’adoption par les entreprises et la capacité des fintechs françaises à capter la valeur promise par le marché estimé.
FiDA marque un tournant : l’open finance n’est plus une promesse technologique, elle devient une infrastructure réglementaire. Les acteurs du secteur disposent désormais d’un cadre pour bâtir des offres plus complètes — à la condition d’investir massivement dans la conformité et la qualité des données.